Prologue...

Prologue...
[Attention à l'avis de nouveaux lecteurs potentiel, une mise à jour importante de l'histoire est en cours (je dirais même une refonte totale, tellement je trouve ça pourrit à présent ^^") Donc tous les passages ou la taille de la police est plus grande est la nouvelle. La nouvelle version devrait arriver au fur et à mesure sans trop tarder (en théorie, après ça dépend du boulot selon les passages ^^"), donc voilà, je vous conseille vivement d'attendre la nouvelle version, l'ancienne est réellement catastrophique -_-"]



PROLOGUE...






Il m'est arrivé de drôles d'histoires dans ma vie, mais si je devais seulement en citer une, ce serait celle qu'il m'a été donné d'entendre lorsque j'avais vingt-deux ans. Je n'étais alors qu'un jeune homme sans grand intérêt, hormis que j'étais encore malgré mon âge un grand rêveur.

Je me souviens qu'un jour, alors que je discutais avec une amie sur internet, je reçu une lettre pour la moins étrange. En effet, cette lettre provenait d'une personne qui m'était quasiment étrangère. Elle fut par le passée, pendant un très cours moment, notre voisin alors que nous venions d'emménager – mes parents et moi – dans une nouvelle maison.

Dans mes souvenirs, cet homme vivait seul, sa femme étant déjà morte depuis de nombreuses années il me semble. Il s'agissait de quelqu'un de calme et sympathique, bien qu'il fût distant avec tout le monde, sauf avec moi étrangement.

Il m'arrivait parfois de discuter avec lui, lorsque par exemple je le voyais dans son jardin et que j'étais seul chez-moi. Il m'invitait alors à prendre un chocolat chaud. Je me souviens l'avoir vu dans ces moments là enchanté par ma passion des histoires chevaleresque. Pour moi, à cette époque ou je ne devais pas avoir plus de dix ans, le Moyen-âge était une période de notre histoire fabuleuse, ou de fiers chevaliers s'en allaient combattre bravement les ennemis de tout genre, qu'ils soient bien réels ou imaginaires, et cela, en étant prêts à sacrifier leurs vies.

Pourtant, à part ces quelques rares discussions, je n'avais pas réellement eu l'occasion de faire sa connaissance. Il a dû déménager trois mois après notre installation. Par la suite, je n'ai plus jamais eu de nouvelles de lui. C'est pour cette raison, que lorsque je reçu cette lettre et que je pris connaissance de son contenu, ma surprise fut totale, me laissant même perplexes pendant plusieurs jours.

En effet, dans cette lettre, il m'informait de manière plus ou moins urgente que je devais le rejoindre dans un coin reculé, en montagne, sur un plateau en plein milieu d'une immense forêt. Il désirait me révéler selon lui, quelque chose d'extrêmement important à ses yeux.

Pour tout vous dire, l'idée me parut au départ saugrenue. Pourquoi me révéler à moi quelque chose de si important ? Moi qu'il n'avait connu que brièvement lors d'une période de sa vie. Pourtant, sans réellement savoir pourquoi, je me suis décidé à y aller. C'est ainsi que je me suis retrouvé en plein mois de décembre, au beau milieu d'une forêt enneigée à tenter de trouver en vain la maison qu'il m'avait indiqué tant bien que mal.

Sans possibilité d'y aller en voiture, je dû à pied, me frayer un passage dans l'épaisse neige qui tombait depuis plusieurs jours. Bien plus que le froid, ce qui m'inquiétait vivement était de tourner en rond sans jamais trouver ce que je cherchais.

À plusieurs reprises, il me sembla entendre des pas discrets autour de moi. Pourtant, lorsque je m'arrêtais et tendait l'oreille, il n'y avait aucun son suspect, juste un léger vent et le craquement du bois sous la froidure de l'hiver. Il y avait également, de temps à autre, le glatissement d'un aigle survolant la forêt, certainement à la recherche de nourriture.

Alors que je pensais rebrousser chemin pour de bon, fatigué et affamé par ma vaine recherche, j'entendis enfin une voix au loin qui s'approchait tout en m'appelant. Heureux d'avoir enfin trouvé celui que je cherchais depuis des heures, je me suis précipité vers lui. Il sembla content de me voir et m'invita sur le champ chez lui.

Après une demi-heure de marche soutenue ou nous ne parlâmes quasiment pas, nous arrivâmes enfin devant une solide petite maison en bois, battit à flanc de colline, la préservant du vent. Il m'incita aussitôt à prendre mes aises, puis me fit asseoir face à un bon repas qui mijotait sur le feu durant notre absence.

Lorsque nous fûmes enfin rassasiés, il m'invita à m'asseoir dans de confortables fauteuils, puis après m'avoir servit un thé, commença à me parler de la raison pour laquelle il m'avait invité.

À partir de ce moment, j'ai pris la décision de vous retranscrire aussi fidèlement qu'il m'est possible le récit dont il m'a fait part, en espérant réussir à vous faire partager cette histoire aussi bien qu'il me l'a contée...

*
* *


Veuillez-vous asseoir, je sais que la route a été longue, vous devez être exténué. Tenez, prenez un peu de thé pour vous réchauffer. Je ne me suis pas excusé de vous avoir fait venir si rapidement, j'en suis désolé. Mais il est grand temps pour moi de rejoindre ma bien aimée.

Je ne voulais pas partir sans vous avoir transmis une histoire vieille de plusieurs millénaires. Comprenez, ce savoir est si précieux, je ne désire pas qu'il se perde. Je souhaiterai qu'un jour, vous le transmettiez à votre tour. Acceptez-vous de m'écouter ?

Merci. Je vous en suis très reconnaissant. Tout d'abord, permettez moi de vous prévenir : Vous risquez d'être surpris par ce que je vais vous raconter.

Pourquoi est-ce à vous que j'aie décidé de transmettre cette histoire ? Tout simplement parce que je vous ai longuement observé durant votre enfance. Je sais que vous rêviez d'histoires de chevalerie, d'épopées héroïques et de combats épiques. De plus, j'ai confiance en vous. Je suis sûr que vous respecterez mon souhait. Je dois vous l'avouer, je pense que vous êtes l'une des rares personnes à accepter de m'écouter jusqu'à la fin.

J'ai déjà essayé vous savez. Mais à chaque fois, l'on m'a pris pour un vieux fou. Je n'ai encore jamais réussi à la raconter entièrement. J'espère sincèrement que cela sera différent avec vous.

Comme je vous l'ai dit, l'heure de mon départ est proche... Ne me flattez pas, je sais que je parais en pleine forme. Ce n'est qu'une illusion. Je sens bien en moi que je vais bientôt devoir m'en aller. Mais n'en parlons plus, nous aurons d'autres sujets bien plus graves à aborder lors de mon récit. Acceptez-vous toujours de m'écouter ?

Bien ! Dans ce cas, ne perdons pas de temps.

Avant de commencer, je dois vous expliquer une chose très importante. Le continent actuel, n'a plus rien à voir avec ce qu'il fût naguère. Au départ, il n'y avait qu'un seul et unique continent peuplé par différents peuples. J'entends par là, des peuples comme, les Nains, les Elfes, et bien d'autres...

Attendez avant de réagir ainsi ! Je me doutais que vous auriez du mal à me croire... Je sais que cela peut vous paraître étrange. Vous me prenez certainement déjà pour un vieux fou alors que je viens à peine de commencer mon récit. Je vous assure que tout ce que je vais vous dire est réel...

Non, ne partez pas. Veuillez au moins m'écouter ! Vous pourrez alors juger par vous-même de la véracité de mon récit... Je vous en prie !

Souvenez-vous de votre enfance. Vous avez cru autrefois à toutes ces histoires. Vous rêviez même d'être chevalier, n'est-ce pas ? Pourquoi ne serait-ce pas pareil ? N'y a-t-il pas des légendes de Dragons terrassés par de preux chevaliers ? De monstres effroyables tels que les vampires ou les loups-garous ? Qui vous dit que toutes ces histoires n'ont pas été bien réelles ?

Je pensais sincèrement que vous seriez la personne la mieux placée pour m'écouter. Bizarrement, de tous ceux à qui j'ai voulu raconter mon histoire, vous êtes celui qui réagissez le plus mal.

Ou peut-être avez-vous peur ? Peur d'être déçu ?

Je ne vous retiens pas. Si vous désirez partir, vous le pouvez. Mais s'il reste en vous une once de rêve, écoutez-moi. Osez oubliez tout ce que l'on vous a appris ! Laisser revivre votre âme d'enfant !

Vous restez alors ? Je vous en suis très reconnaissant. Je vous promets que vous ne le regretterez pas.

Où en étais-je déjà ?... Ah oui, voilà.

Au sein de ce continent, il y avait de nombreux peuples qui aujourd'hui semblent avoir disparu. Ils vivaient tous en paix, ou presque.

En réalité, deux pays engendraient une menace perpétuelle pour l'ensemble du continent.

Le premier d'entres-eux était un groupe de cinq îles se nommant Keltania. Là, vivaient les Elfes Noirs, tout au Nord du continent. C'était un peuple haï de tous. La légende voulait qu'ils aient amené le mal sur terre. Ce qui, je dois bien l'avouer, n'était pas tout à fait faux. Mais pas totalement vrai non plus. À l'époque de mon récit, ils étaient en guerre depuis plus de dix-neuf ans avec le Royaume Azurain, le pays des Hommes.

Le deuxième pays était lui aussi une île, située au Sud-ouest du continent. Cette île, incarnait à elle seule le mal absolu. À côté, les Elfes Noirs paraissaient doux comme des agneaux.

Il s'agissait de l'Orgerac. Il y avait déjà eu une guerre entre les Royaumes du continent et l'Orgerac. Cela avait été une guerre comment dire... épouvantable ! Oui, épouvantable est le bon mot.

Lors de ce conflit, le continent avait été mi à feu et à sang. Plusieurs Royaumes étaient tombés sous le joug de l'ennemi. Le continent entier serait tombé sous sa coupe, si un Sorcier ne s'était pas sacrifié pour renverser le cours des choses. Car voyez-vous, il avait établi une protection magique infranchissable sur le fleuve Seinadour, coupant ainsi le continent en deux. L'ennemi ne pouvant plus passer ni par terre, ni par mer, dû se résigner à cesser l'assaut. Pendant ce temps, les Royaumes encore libres en profitèrent pour se réunir et se réorganiser avant de contre-attaquer et de vaincre les armées adverses, libérant ainsi le reste du continent.

Mais je m'égare, je ne vous en dit pas plus. Cela sera expliqué en temps utile...

Ce qu'il faut que vous sachiez avant tout. C'est que cette histoire parle d'Hommes et de Femmes, tout peuple confondu. Certains honnêtes et d'autres moins. Mais beaucoup d'entres eux n'hésitèrent pas à se sacrifier pour ramener la paix.

Je vous demanderai donc maintenant d'écouter jusqu'au bout ce que je vais vous raconter, afin de respecter leur mémoire. Je vous demande de me le promettre.

Bien ! Voici donc leurs histoires :

Tout commença lors d'un massacre commis par les Keltans...
# Posté le mardi 22 novembre 2005 17:14
Modifié le dimanche 22 juin 2008 10:12

Chapitre Premier, première partie.

Chapitre Premier, première partie.
CHAPITRE PREMIER





Tout débuta dans une petite ville fortifiée, au Nord du Royaume Azurain. C'était une petite ville paisible, où il faisait bon vivre.

Il neigeait depuis une semaine. Le paysage entier était devenu d'un blanc éblouissant. Les habitants pensaient avec soulagement que la guerre contre les Keltans cesserait enfin pendant quelques mois. Quelques mois de répit bien mérité, car bien que la ville n'ait pas été au centre des combats, son économie en avait souffert. Pour cette raison, la trêve hivernale était la bienvenue. Le commerce allait enfin pouvoir reprendre avec les villes plus au Nord. Là où la guerre avait fait rage pendant de longs mois.

Siegfried jouait avec son frère et les fils du forgeron dans la petite cour située entre leurs maisons respectives. Là, où la neige n'avait pas encore été déblayée. Ils avaient décidé de faire une bataille de boules de neige. Un problème de taille se posait cependant : Qui allait être avec qui ? Une question bien difficile à laquelle Siegfried décida de trancher. Il commença par faire une boule de neige en cachette, avant de s'approcher l'air de rien de ses camarades. Lorsqu'il fut assez près, il lança sa boule de neige sur son frère qui la reçut en pleine figure.

Enguerrand le regarda étonné. Il ne s'attendait pas du tout à être attaqué par son propre frère. Il prit lui aussi de la neige entre ses mains, la compressa pour en faire une boule, puis l'envoya sur Siegfried qui l'avait honteusement trahi. Celui-ci réussit à l'éviter de justesse. Alors qu'il se redressait, il reçut deux nouvelles boules de neige : une sur le visage, et l'autre sur le bras.

Enguerrand et les fils du forgeron s'allièrent contre Siegfried en riant. Siegfried résista le plus longtemps possible. Mais ses assaillants étaient trop nombreux. Il finit par être encerclé et poussé sur un monticule de neige où il tomba. Enguerrand s'amusa à le recouvrir de neige alors qu'il essayait vainement de se libérer.

Siegfried réussit cependant à faire tomber Pitt et à se relever. Il lança une boule de neige sur Enguerrand qui s'écarta un peu de leur espace de jeu. Siegfried pensa que son frère voulait enlever la neige qui avait dû s'infiltrer sous son manteau. Il réalisa alors qu'il avait une chance de gagner la partie. Il poussa Pitt sur le monticule, évita une boule de neige envoyée par Fred, et en profita pour lui en renvoyer une qui, elle, ne manqua pas sa cible. Il se prépara alors à achever son dernier adversaire : son frère. Il reprit un peu de neige, se retourna et s'apprêta à la lancer.

Il s'aperçut alors que son frère était comme tétanisé. Les yeux grands ouverts, il tremblait violemment. Inquiet, le c½ur battant la chamade, Siegfried se précipita auprès de lui. Pitt et Fred le suivirent.

Siegfried secoua énergiquement son frère pour essayer de le sortir de sa transe. Les fils du forgeron regardaient incrédules. Ils savaient tous ce que cela signifiait. Ils n'avaient aucune envie d'entendre de mauvaises nouvelles aujourd'hui. Mais Siegfried n'avait pas le choix. Ses parents avaient insisté pour qu'on les prévienne immédiatement lorsque Enguerrand tombait dans cet état de transe. Siegfried savait que cela permettait à son frère de les prévenir d'un danger imminent.

Alors qu'il le secouait toujours afin de le réveiller, il vit le forgeron s'approcher d'eux en jetant des coups d'½ils inquiets à ses fils. Tous ici connaissaient le don étrange d'Enguerrand.

Au bout de quelques secondes, Enguerrand se réveilla en hurlant. Il tenta de s'enfuir, mais le forgeron le rattrapa et essaya de le rassurer. Siegfried ne comprenait pas. Jamais son frère n'avait réagi ainsi. Le forgeron lui aussi était surpris. Siegfried s'approcha de son frère qui se débattait toujours. À l'appel de son nom, il le regarda terrorisé.


Enguerrand respirait fortement. Il n'arrivait pas à se calmer. Il ferma alors les yeux. Sa respiration se fit plus calme. Il réussit alors à articuler péniblement quelques phrases.

- Les Keltans arrivent... Ils sont des milliers... Ils vont nous attaquer et tous nous tuer ! Même nos parents ne pourront rien faire ! Ils seront impuissants face aux Sorciers Keltans et à leur armée...

Tous le regardèrent horrifiés. Personne n'osait rien dire.

Le forgeron, après s'être difficilement calmé, se précipita en direction de la maison de l'Intendant où il espérait trouver le connétable. Les gens qui le croisaient dans les rues le regardaient étonnés. La peur se lisait sur son visage. Il était pourtant de notoriété publique que le forgeron ne s'effrayait pas facilement. L'inquiétude gagna alors peu à peu les villageois. Tous se demandaient ce qui pouvait bien se passer.

Lorsqu'il arriva à la maison de l'Intendant, les soldats en faction l'arrêtèrent. Il leur expliqua alors rapidement la raison de sa venue. Les deux soldats pâlirent. Ils connaissaient bien les Keltans et leur cruauté pour les avoir déjà combattus plusieurs fois. Ils laissèrent passer le forgeron qui reprit sa course effrénée.

Arrivé devant la salle du conseil, il demanda à voir d'urgence le connétable. Ayant une nouvelle fois expliqué ce qui se passait, il entra en toute hâte. Tous ceux qui assistaient à la réunion se retournèrent vers lui, interloqués. Le forgeron n'y fit pas attention, trop préoccupé à chercher le connétable des yeux. Il le trouva aux côtés de l'Intendant. Il s'approcha alors rapidement de lui, et lui expliqua la situation.

Tous le regardèrent comme s'il incarnait la mort en personne. Le connétable était sidéré. Pendant un moment il ne sût quoi faire, mais il se ressaisit rapidement. Il ordonna à un soldat de sonner le tocsin, et à un autre d'envoyer un messager à la garnison la plus proche, afin de demander des renforts au plus vite. Puis il se leva et partit donner divers ordres. Plus personne ne s'occupait du forgeron qui décida de retourner auprès des siens.
# Posté le mardi 29 novembre 2005 14:14
Modifié le mardi 12 juin 2007 09:29

Chapitre Premier, deuxième partie.

Chapitre Premier, deuxième partie.
Lorsque le tocsin retentit, les villageois cessèrent toutes leurs activités, paniqués. Ils se précipitèrent pour mettre leurs proches à l'abri. Les soldats, quand à eux, préparaient activement la défense de la ville.

Le messager quant à lui, partit à vive allure en direction du château de Caerd, afin de demander des renforts. Une demi heure plus tard, l'Intendant, qui savait que tout espoir était vain, s'enfuit, laissant au connétable le soin de tout organiser. Les soldats fermèrent ensuite les portes de la ville et les barricadèrent. Toute la ville se préparait à un assaut qui s'annonçait sans merci.

Cela faisait maintenant cinq ans que les Elfes Noirs, plus communément appelés Keltans, avaient débarqué sur les côtes Nord du Royaume Azurain. Au début, ils pillaient et saccageaient les villages près des côtes seulement pour "s'amuser". Mais au bout de deux ans, ils avaient commencé à envahir le Royaume, massacrant la population Azurienne. Leur but avait radicalement changé. Ils voulaient à présent récupérer les terres que le Royaume Azurain leur avait pris, il y avait de cela plus de deux mille ans, bien avant que l'Orgerac n'attaque le continent. Les Keltans n'avaient jamais autant avancé à l'intérieur des terres. Ce qui expliquait en partie le peu de vigilance qu'il y avait dans la ville.

Le connétable, quand à lui, faisait les cent pas dans la salle du conseil. Une idée n'arrêtait pas de tourner et de retourner dans son esprit. Il n'avait pas assez de soldats. Il avait renvoyé les mercenaires qu'il avait engagés durant l'été. De ce fait, il y avait à peine le tiers de la garnison pour assurer la défense de la ville. Comment aurait-il pu prévoir que les Keltans attaqueraient durant l'hiver ? Aucun chef sensé ne commettrait une telle folie. Mais voilà, il devait bien l'avouer, c'était ce qui se passait et c'était magnifiquement orchestré. La neige allait ralentir les renforts. Ils avaient certainement prévu que la garnison serait quasi inexistante. Le connétable savait bien, au fond de lui, que la bataille était perdue d'avance. Il pourrait, s'il le voulait, faire comme l'Intendant. Partir au loin pour éviter le carnage. Mais il était de son devoir de défendre la ville et ses habitants. Ça au moins, il essaierait de le faire convenablement... Il décida alors de recruter toutes personnes en âge de combattre et de leur donner des armes. Ils pourraient ainsi se battre aux côtés de la garnison. Et peut-être, si la chance était de leur côté, gagner la bataille...

*
* *

Erwan était parti depuis moins d'une heure. Il galopait rapidement en direction de Caerd. Il avait déjà accompli une grande partie du chemin. Il était presque arrivé au pont de l'Algir. Après cela, il n'aurait plus qu'à parcourir trois lieux et il serait enfin arrivé. Mais alors qu'il allait franchir le pont, il reçut un puissant coup à la tête qui le désarçonna. Il tomba violemment sur le sol, tête la première et perdit connaissance.

Lorsqu'il reprit conscience, la tête lui tournait. Il eut du mal à ouvrir les yeux, ses paupières étant engluées de sang. Il essaya de se redresser, en vain. Il n'arrivait plus à bouger. Il se rendit alors compte affolé qu'il était ligoté. Il comprit que les Keltans l'avaient capturé.

La panique s'empara de lui. Qu'allait-il lui arriver ? Comment allait-il faire pour prévenir la garnison de Caerd de l'attaque de sa ville ? Il regarda autour de lui terrifié.

Au début, il ne vit ni n'entendit rien à part le fleuve. Mais en tendant l'oreille, il discerna des bruits étouffés derrière lui. Lorsqu'il se retourna difficilement, il aperçut un deuxième homme à ses côtés. Lui aussi était attaché et bâillonné. Il crut d'abord délirer en reconnaissant l'Intendant, pourtant, il dut admettre que c'était bien lui qui se démenait, terrorisé afin de se libérer de ses liens. Il se demanda comment il avait bien pu arriver ici.

Il était toujours près du pont, il n'avait pas bougé, c'était insensé. A moins que l'Intendant n'ai tenté de fuir...

Il en était là de ses réflexions, lorsqu'il entendit du bruit derrière lui. Il se retourna apeuré et découvrit un éclaireur Keltan approcher, une dague à la main. Il commença à se débattre et à essayer d'enlever ses liens en toute hâte, alors que les cris étouffés de l'Intendant s'amplifièrent dans son dos. L'éclaireur amusé, se baissa et coupa les liens d'Erwan. Ce dernier le regarda incrédule.

- Toi, tu vas avoir la chance de repartir. Tu peux prévenir la garnison de Caerd, cela ne changera rien, nous serons déjà loin quand vous arriverez. (Le Keltan se redressa et s'approcha de l'Intendant.) Par contre, votre Intendant, lui, nous le gardons ! Nous allons bien nous amuser...

Le Keltan eut un large sourire en voyant le visage terrorisé de l'Intendant. Erwan n'y fit pas attention. Il se redressa lentement, le corps douloureux après sa chute. Une fois debout, il chancela et dut se soutenir à un arbre. Il réussit à reprendre légèrement ses esprits et il se dirigea lentement vers son cheval attaché non loin de là.

Après plusieurs échecs, il arriva à se hisser dessus. Puis, sans se soucier de l'Intendant, il reprit le chemin de Caerd. Il croisa un deuxième éclaireur Keltan qui lui fit un grand sourire. La dernière vision qu'il eut, fut celle du Keltan et de son équipier qui se penchant au dessus de l'Intendant, la dague toujours à la main...

*
* *

Pendant ce temps, Siegfried attendait ses parents. Son frère était assis et buvait une tisane concoctée par Iriana, la femme du forgeron. Elle était à ses côtés et essayait de le réconforter, lui assurant que grâce à ses informations, le village allait pouvoir être sauvé. Enguerrand l'écoutait et espérait qu'elle avait raison. Après tout, ses visions lui avaient permis plus d'une fois d'éviter des catastrophes. Comme la fois où Pitt avait failli être écrasé par un chariot.

Il se sentit mieux et remercia Iriana. Elle décida alors de retourner chez elle pour rassurer ses fils. Elle était contente d'avoir réussit à le calmer, bien qu'elle fut persuadée que cette fois-ci, rien ne pourrait changer le cour du destin...

Peu après, Siegfried vit ses parents approcher rapidement de la maison. Meleriand, son père, entra précipitamment et s'approcha d'eux avec Evilia. Ils posèrent plusieurs questions à Enguerrand qui s'efforça d'y répondre du mieux qu'il put. Ensuite, Evilia les prit dans ses bras et les serra très fort. Puis ce fut au tour de Meleriand.

Dix minutes plus tard, le tocsin retentit de nouveau dans l'enceinte de la ville, prévenant ainsi que les troupes ennemies étaient en vue. Meleriand leur ordonna de ne sortir de la maison sous aucun prétexte. Evilia les prit de nouveau dans ses bras et les embrassa. Elle sortit les larmes aux yeux, suivie de Meleriand.

*
* *

Pendant deux longues heures, il ne se passa plus rien. Seuls les soldats patrouillaient dans les rues, se préparant à l'assaut qui n'allait plus tarder.

Le forgeron venait de mettre une cotte de mailles et un casque. Il avait également pris une hache. Il grimpa sur les remparts, et aperçut l'armée Keltane qui se positionnait face à la ville, les encerclant.
# Posté le mardi 29 novembre 2005 14:21
Modifié le lundi 30 avril 2007 20:55

Chapitre Premier, troisième partie.

Chapitre Premier, troisième partie.
Alors que du côté des assiégés la tension montait. Les Keltans, eux, étaient très calmes. Pour eux, l'issue de la bataille ne faisait aucun doute. Le forgeron commença alors à sentir la panique le gagner. Comment pourraient-ils gagner la bataille face à une armée pareille ? Il regarda autour de lui. Il ne trouva qu'une dizaine de véritables soldats. Le reste, était des villageois apeurés qui n'avaient jamais combattu de leur vie.

Le forgeron aperçut un cavalier Keltan approcher. Il s'arrêta à une dizaine de mètres des remparts, et demanda à parler au représentant de la ville. L'Intendant s'étant enfui, le connétable avait pris sa place. Il s'approcha. Il avait revêtu son armure et tenait un arc à la main, une flèche encochée prête à être lancée. Il avait également une magnifique épée dans un somptueux fourreau. Le forgeron se souvint avec fierté qu'il avait lui-même réalisé cette épée sur la demande du connétable, il y avait de cela près de dix ans. Le forgeron se douta qu'elle n'avait jamais servi.

- C'est moi qui représente cette ville, que voulez-vous ?
- Mon chef désire que votre ville se rende sans faire d'histoire !

Le connétable se mit à rire bruyamment. Il savait ce qui était arrivé aux villages qui s'étaient rendus sans se battre. Tous les habitants avaient été massacrés sans aucune pitié. Le connétable riva de nouveau son regard sur le cavalier. Il leva vivement son arc et le banda.

- Alors voici ma réponse !

Le héraut Keltan, voyant cela, fit volte-face et éperonna son cheval pour retourner auprès des siens, hors de portée des flèches. Le connétable ne lui en laissa pas le temps. La flèche partit se ficher dans la nuque du cavalier qui tomba de cheval et ne se releva plus.

Un cri de stupeur et de rage émana de l'armée Keltane. Leur chef donna sans plus attendre l'ordre d'attaquer. L'armée Keltane s'ébranla en direction des remparts, couverte par une pluie de flèches qui firent leurs premières victimes du côté des défenseurs.

Le forgeron se recula pour laisser la place aux archers. Au signal du connétable, les premières flèches furent lancées. Elles s'abattirent alors aussi bien du côté des défenseurs que de celui des Keltans. Mais les Keltans étaient si nombreux, que rapidement des échelles furent installées le long des remparts et les arcs ne servirent plus à rien. Le forgeron se rapprocha alors des créneaux et se retrouva aux côtés du connétable qui dégaina son épée. Ils se lancèrent un dernier regard d'encouragement, puis le massacre commença.

Les Elfes Noirs, surexcités, commencèrent à atteindre les créneaux. La peur quitta le forgeron, qui n'eut alors plus qu'une envie, s'en sortir. Il fut pris dans la tourmente de la bataille et il affronta les Keltans avec rage. Il en tua beaucoup à l'aide de sa hache, mais d'autres venaient sans cesse les remplacer.

Il faisait tout pour éviter les lames Keltanes. Il avait entendu dire que la plus petite blessure pouvait être fatale, les armes Keltanes étant empoisonnées. Combien de personnes pensant s'en être tirées, étaient mortes plusieurs jours après d'une violente fièvre ?

Alors qu'il se battait contre deux adversaires en même temps, il aperçut le connétable entouré par les Keltans. Le forgeron se débarrassa de ses deux adversaires et essaya de se porter à son secours.

Il arriva trop tard. Le connétable s'affala par terre, le corps transpercé par de nombreux coups d'épée. Les Keltans se retournèrent alors contre lui. Il essaya de riposter, mais une épée lui trancha soudainement la main qui tenait la hache. Il hurla de douleur. Une autre épée lui perfora le ventre et le forgeron s'effondra sur les remparts aux côtés de nombreux cadavres. Il mourut là, en ayant une dernière pensée pour sa femme et ses fils...

*
* *

Quand Siegfried et Enguerrand entendirent le cri de guerre des Keltans, ils surent aussitôt comme le reste de la ville que l'assaut venait d'être lancé contre les remparts. Ils regardaient par la fenêtre pour voir ce qui se passait. De là où ils étaient, ils pouvaient apercevoir les remparts où se déroulaient de violents combats. Tous les deux avaient l'espoir qu'ils gagneraient. Les soldats de la garnison, ainsi que les villageois, résistaient vaillamment, bien que l'ennemi soit dix fois plus nombreux...

Alors que le combat n'avait débuté que depuis peu de temps et qu'une grande partie des défenseurs avait été décimée, les Keltans, sans aucune raison apparente, commencèrent à refluer des remparts, laissant les défenseurs incrédules.

Lorsqu'ils virent les soldats Keltans battre en retraite, Siegfried et Enguerrand bondirent de joie. Ils s'apprêtaient à sortir fêter l'évènement, lorsqu'une effroyable explosion retentit soudain dans la ville. La maison vibra sous le puissant souffle qui s'en dégagea, et les fenêtres volèrent en éclats. Ils se précipitèrent dehors et furent terrorisés par la vision qui s'offrait à leurs yeux. Un énorme nuage de fumée noirâtre s'élevait au dessus de ce qui avait été quelques secondes plus tôt les remparts. Siegfried s'aperçut que sur une cinquantaine de toises, les remparts venaient de s'écrouler. Il entendit les cris de victoire et les clameurs lancées par les troupes ennemies qui envahissaient déjà les rues abandonnées de la ville.

Ce fut le début du massacre tant redouté par les habitants. Les Keltans tuaient sans merci les rares défenseurs encore en vie après l'effondrement des remparts. Alors que les malheureux tentaient de prendre la fuite, des archers Keltans s'alignèrent et décochèrent leurs flèches.

Siegfried vit alors son père apparaître d'une rue opposée et se mettre face aux archers. Meleriand lança un sort qui envoya les ruines des remparts sur les Keltans qui furent happés par dizaines. Il se dirigea ensuite sans plus attendre vers la maison où étaient ses fils. Enguerrand était terrorisé. Sa vision se reproduisait à nouveau... Quand leur père entra, Siegfried chercha sa mère avec angoisse.

- Où est maman ?

Meleriand les regarda les yeux emplis de tristesse. Ils n'eurent cependant pas le temps de s'apitoyer sur leur sort. D'autres soldats approchaient. Ils se précipitaient dans les maisons. Et bien que la plupart des habitants soient inoffensifs, et qu'ils supplièrent qu'on veuille bien les épargner, les Keltans les massacrèrent sans aucune pitié.

Siegfried vit les soldats entrer dans la maison de ses amis. Il eut peur pour eux. Mais il vit rassuré, qu'ils ressortaient aussitôt poursuivis par Iriana, une hache rouge de sang à la main. Son espoir fut cependant vite réduit à néant, lorsqu'un Keltan la désarma avec une facilité déconcertante. Elle n'eut le temps de rien faire avant que la lame ne s'abatte d'un coup sec sur son cou et ne la décapite. Les Keltans venaient de perdre deux de leurs soldats par sa faute. Ils s'en prirent rageusement à ses enfants qui furent amenés devant le cadavre de leur mère, puis lentement égorgés...
# Posté le lundi 05 décembre 2005 13:32
Modifié le lundi 30 avril 2007 21:43

Chapitre Premier, quatrième partie.

Chapitre Premier, quatrième partie.
Voyant cela, Siegfried ne put retenir un cri d'horreur. Ce qui attira irrémédiablement l'attention des Keltans sur leur maison.

Meleriand sortit et leur fit face. Enguerrand tremblait de frayeur. Tout se passait exactement comme dans sa vision. Ce qui voulait dire que bientôt, il allait revivre cette atroce douleur...

Lorsque les Keltans aperçurent Meleriand dans l'encadrement de la porte, ils se méfièrent de lui. Cependant, quand ils virent que le villageois n'avait aucune arme, ils s'approchèrent en souriant méchamment. Ce fut une grave erreur. Meleriand leva lentement la main. Des éclairs furent projetés de ses doigts et une vingtaine d'entre eux furent aussitôt brûlés vif. Par prudence, les survivants décidèrent d'appeler les archers qui arrivèrent en renfort et décochèrent leurs flèches. Meleriand les renvoya d'un simple geste de la main. Les archers, eux, ne purent les éviter.

Il ne se passa plus rien pendant dix minutes. Les soldats n'osant plus attaquer. Ils attendaient des renforts. Meleriand, cependant, entendait le massacre continuer dans le reste de la ville. Il enrageait de ne rien pouvoir faire. Il devait avant tout protéger ce qui restait de sa famille. Mais pour cela, d'autres familles innocentes se faisaient égorger...

Un Sorcier Keltan s'approcha lentement et lui fit face. Les deux Sorciers se contemplèrent longuement, se jaugeant mutuellement. Des dizaines de soldats Keltans se regroupèrent pour assister au spectacle. Rare étaient ceux, qui pouvaient se vanter d'avoir déjà assisté à un combat entre Sorciers.

Il ne se passa rien pendant un long moment. Impatients, les soldats se demandaient quand leur Sorcier allait attaquer.

Soudain, le combat débuta, si rapide et si violent, que les Keltans eurent du mal à comprendre ce qui se passait.

Siegfried et Enguerrand, quand à eux, étaient partis se réfugier au fond de la maison. Ils voyaient leur père dans l'encadrement de la porte. Des éclairs partant de tous les côtés. Siegfried était sûr que son père allait gagner. Alors qu'Enguerrand, lui, savait bien ce qui allait se passer... Siegfried sentait tout de même que son père commençait à se fatiguer. Mais il ne pouvait rien faire. Il espérait seulement qu'il en était de même pour le Sorcier Keltan.

Au bout d'un long moment, Meleriand prit un léger avantage sur son adversaire pour le plus grand plaisir de Siegfried. Meleriand lui-même commença à penser qu'il allait remporter ce combat, et que les soldats, apeurés, s'enfuiraient, lui permettant à lui aussi de partir.


Mais les neufs derniers Sorciers Keltans accompagnant l'armée vinrent en aide à leur collègue. Meleriand se pétrifia, tout comme Siegfried qui vit son dernier espoir s'envoler. Enguerrand, lui, essayait de se cacher. Il ne voulait pas revoir une fois de plus cette abomination.

Les Sorciers Keltans décidèrent de vite en finir. Cet Humain osait maîtriser un art qu'il ne méritait pas. La mort était donc la punition qu'il allait connaître. Ce serait une mort terriblement douloureuse...

Meleriand comprit que cela ne servait plus à rien de résister. Le combat était perdu d'avance. S'il n'arrivait pas à gagner contre un seul Sorcier, alors contre dix, c'était totalement impossible.

Les Sorciers Keltans lancèrent leur sort. Il y eut alors un silence de mort tout autour de la maison. Comme si tout le monde retenait son souffle. Même le bruit des massacres et des flammes semblait s'être arrêté. Comme si le temps lui-même était suspendu. Les soldats regardaient admiratifs, la puissance de leurs Sorciers.

Alors que le silence se faisait de plus en plus lourd autour de la maison. Une voix mystérieuse tonna dans l'air, puis un éclair noir descendit du ciel et foudroya la maison.

Cependant, rien ne se passa. Cela surprit les soldats, mais aussi Siegfried. Le même silence pesant recommença alors.

Siegfried pensa naïvement que le sort avait échoué, ou que son père les protégeait contre le maléfice. Mais après quelques secondes de ce silence obscur, Meleriand se tordit de douleur, puis tomba raide mort avant même d'avoir touché le sol. Au loin, retentit le cri de douleur et de désespoir d'un aigle.

Siegfried s'approcha de son père pour voir ce qu'il avait. Mais son frère hurla de douleur et se mit à courir comme pour échapper à quelque chose d'invisible. Siegfried le regardait sans comprendre. Il vit ensuite son frère s'écrouler, le visage figé sur une expression d'horreur et de souffrance. Siegfried ne comprenait toujours pas ce qui se passait.

Un des Sorciers s'approcha lentement de la porte le regardant fixement en souriant. Aussitôt, Siegfried commença à ressentir une vive douleur qui éclata instantanément tout le long de son corps. La douleur augmenta rapidement et devint insupportable. Soudain, un monstre de plusieurs mètres surgit de nulle part. Siegfried essaya de lui échapper, sans succès. À chaque fois, le monstre le rattrapait. Il décida alors de se laisser faire. Il ne bougeait plus, tétanisé par la douleur qui lui parcourait tout le corps. Le monstre s'approcha alors doucement de lui, puis lui sauta dessus.

Siegfried tomba lourdement sur le sol, comme son frère et son père quelques instants plus tôt...
# Posté le lundi 05 décembre 2005 18:32
Modifié le vendredi 22 juin 2007 07:29