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Chapitre Quinze, troisième partie.

Chapitre Quinze, troisième partie.
La nuit venait de tomber. Le froid s'infiltrait dans ses vêtements, cela en devenait insupportable ! Pourquoi avait-il insisté pour se rendre à ce maudis village au milieu de la forêt ? Quel intérêt ? Elle ramena les pans de sa cape contre elle et les bloqua du mieux qu'elle pu en se serrant un peu plus contre lui, essayant par tous les moyens de garder le peu de chaleur qui lui restait. Avec plaisir, elle constata que le vent ne passait plus dans ses vêtements, elle se sentait déjà mieux. Pourtant, elle n'avait rien pour se couvrir la tête, ce qui la gênait grandement.

Cyliana ne faisait pas attention au froid qui lui fouettait violemment le visage. Son regard restait obstinément fixé sur Nemaris. L'Elfe se serrait de plus en plus contre Enguerrand. Elle qui lui paraissait plut tôt comme amicale, lui semblait soudain extrêmement dangereuse... Pourquoi avait-elle décidée de les accompagner ? Elle s'était invitée au voyage sans même leur demander leurs avis et elle était bien trop attentionnée pour être sincère... Dans sa courte vie, elle avait appris à se méfier de tout le monde. Des personnes qui faisaient tout pour ne pas attirer l'attention, mais surtout de ceux qui faisaient tout pour devenir votre ami... Ainsi, Kriar avait beau tenter de lui changer les idées, Cyliana refusait de quitter l'Elfe des yeux. Enguerrand lui avait promis de discuter avec elle une fois arrivé au village, mais elle avait peur de se qui pouvait se passer avant...

Un picotement familier lui démangeant le museau, Einaïn regarda sa compagne. Il eut ainsi la certitude de ne pas se tromper. Il y avait des feux non loin de là. D'un commun accord avec Serjira, ils descendirent au dessus de la cime des arbres afin de mieux scruter la forêt à la recherche de la moindre maison. Après plusieurs passages sur un large périmètre, ils trouvèrent enfin le village bien dissimulé au milieu de la végétation. Ils reprirent un peu d'altitude pour chercher un endroit où se poser. Ils ne tardèrent pas à repérer non loin de là, une clairière assez grande pour les accueillir tout les deux.

Une fois qu'ils se furent posés en douceur, Enguerrand descendit rapidement et aida Nemaris à rejoindre la terre ferme. Il récupéra ensuite son sac et se dirigea vers Serjira où il aida Cyliana à descendre elle aussi. Kriar sauta aussitôt à terre et se dégourdis les pattes en jappant de plaisir. Après s'être roulé dans l'herbe, il s'approcha de son maître et exigea de lui qu'il lui rende sa taille normale. Quand ce fut fait, le loup s'en alla sans un mot rejoindre la meute qu'il avait rencontré à l'allé.

- Nous allons nous aussi vous dire au revoir, ma compagne et moi allons chasser. Nous nous retrouverons demain matin ici même.

Quand les Dragons se furent envolés, Enguerrand souffla.

- Je suis bien content d'être arrivé ! Je ne sens plus mon dos ! Ce voyage à dos de Dragon ne me réussit pas...
- Parle pour toi ! soupira Nemaris. Je ne sens plus mes bras ! Quelle idée de demander de rallonger le voyage...
- Nous avons promis de repasser dans ce village à notre retour... expliqua Cyliana d'un ton inamical. Nous ne faisons que tenir notre promesse... De plus, nous aurons ainsi un endroit où dormir confortablement cette nuit.

Nemaris croisa le regard de la Keltane et baissa la tête la mine sombre. Pour se réconforter, elle posa une main sur son épaule droite.

Enguerrand s'approcha alors de Cyliana et lui murmura :

- Ce n'est pas non plus la peine de l'agresser ! Rien ne nous dit qu'elle nous veut du mal.
- Peut-être. Mais rien ne nous dis que ce n'est pas le cas ! Ma mission est de te guider et te protéger ! J'ai bien l'intention de ne plus faillir à ma tâche à présent ! Tant que nous ne connaîtrons pas ses ambitions, je la garderai à l'½il...

Préférant ne rien dire de plus, Enguerrand décida d'ouvrir la marche pour rejoindre le village. Plus ils approchaient, et plus il discernait un vacarme familier. Ils ne tardèrent pas à apercevoir de nombreux villageois, armes à la main, avancer méfiants. Heureusement, à leur tête se tenait Herran qui les reconnut aussitôt.

- C'est vous ! Mais comment se fait-il que vous arriviez de ce côté-ci de la forêt ? Et quel était ce bruit ?
- Ne t'inquiète pas Herran, le bruit provenait des Dragons qui nous ramènent à Sautour !

Le chef du village, soudain rassuré, demanda à tous de baisser leurs armes et de rentrer chez eux.

- Eh bien ! On peut dire que vous nous avez filé une sacrée trouille ! Nous pensions qu'il s'agissait de Schverks !

Cyliana le regarda étonné.

- Des Schverks ? Il y en a dans les environs ?

Herran leur fit signe de le suivre.

- Malheureusement oui, il arrive que certains d'entre eux viennent jusqu'ici... Notre Roi en a quelques-uns à son service... Mais n'y pensons plus. Je suis heureux de vous revoir ! Avec tout ce qui est arrivé en Ocaelia après votre départ, nous avions peur qu'il vous soit arrivé quelque chose...
- Les nouvelles sont arrivés jusqu'ici ? demanda Enguerrand curieux. Pourtant il n'a pas l'air d'y avoir grand monde sur cette route.
- La caravane de marchand est passée avant-hier. Les nouvelles sont arrivées avec eux...

Une fois au centre du village, Herran les amena chez lui. Lorsqu'ils entrèrent, Elionor ravie, attrapa Cyliana et Enguerrand dans ses bras rassurée de les savoir vivant. Ensuite, s'apercevant de la présence de Nemaris, elle alla faire sa connaissance. Après, elle les fit s'installer à table avant de leur servir de quoi se restaurer.

- Alors, commença Elionor, vous avez trouvés ce que vous étiez parti chercher ?
- Oui, confirma Cyliana.
- Et vous avez trouvé le moyen de vous soigner ?

Nemaris sembla soudain intéressée par cette question, ce qui n'échappa en aucun cas à Enguerrand.

- Non, j'ai seulement rencontré d'autres personnes dans le même état que moi...

Elionor baissa la tête et décida de ne plus aborder ce triste sujet. Herran en profita pour lancer une discussion plus légère qui détendit l'atmosphère.

Nemaris ne participait pas à la conversation. Elle profitait de l'excellent ragoût qu'elle avait dans son assiette. Premier vrai repas depuis bien longtemps. Elle n'avait pas l'habitude d'être avec du monde, elle ne se sentait pas à l'aise. Elle préférait de loin la solitude. Elle écoutait néanmoins avec attention la conversation, confortablement installée sur son siège. Elle en profitait également pour observer ses compagnons de voyage. Ils semblaient soudain plus à l'aise et de meilleure humeur. Même Cyliana avait relâchée un peu sa surveillance, mais elle ne doutait pas que la Keltane continuait de surveiller ses moindres faits et gestes...

À la fin du repas, Elionor s'installa aux côtés de Cyliana et commença à discuter gaiement avec elle pendant qu'Enguerrand aidait Herran à débarrasser la table. Une fois qu'ils se furent écartés, Herran se rapprocha de lui.

- Pourquoi vous méfiez-vous de Nemaris ?

Enguerrand jeta un rapide coup d'½il en direction de la table avant de répondre.

- Nous ne la connaissons pas. De plus, elle a décidée de venir avec nous sans aucune raison apparente...
- Vous ne le lui avez pas demandé ?
- Non, pas encore. Mais je compte bien le faire ce soir...

Après avoir terminé de ranger, ils retournèrent à table comme si de rien n'était. Herran avait pensé à ramener des fruits qu'ils mangèrent tous avec une insatiable gourmandise. Cyliana en profita pour aborder un sujet dont elle avait longuement discuté avec Enguerrand.

- Il va falloir que vous partiez d'ici !

Elionor et Herran la regardèrent sans comprendre.

- Que veux-tu dire par là ? demanda Herran perplexe.
- Je veux dire que vous devez impérativement partir d'ici et essayer de passer la barrière de Cerollin en Azurain !
- Et pourquoi donc ? Nous sommes très bien ici !
- Khaos est de retour... Il compte bientôt envahir le continent ! Et cette fois-ci, il a une arme extrêmement dangereuse en sa possession ! Vous devez me croire, il faut que vous partiez en Azurain ! Il n'y a que là bas où vous serez en sécurité !

Enguerrand observait le couple, il savait d'avance quelle allait être leur réponse...

- Nous sommes désolé, mais nous resterons ici... C'est notre village ! Herran l'a bâtit de ses mains ! Et quant à moi, j'ai fais de mon mieux pour le rendre agréable... J'ai donné la vie de nombreuse fois ici ! Je veux que mon propre enfant naisse ici et profites du calme. Nous avons fuis la menace de la ville et le règne tyrannique de notre Roi ! Nous avons toujours été en paix ici... Pourquoi voulez-vous que Khaos s'attarde ici ?

Cyliana ne montrait aucune émotion, pourtant, Enguerrand savait qu'elle était bouleversée. Il savait qu'elle ne voulait pas abandonné, mais cela ne servirait à rien...

- Vous avez donné la vie ici, mais si vous restez, vous allez tous la perdre ! Khaos déteste tout ce qui ressemble de près ou de loin à un havre de paix ! Pensez-vous réellement que le Royaume de Gamlaad a toujours été ainsi ? Avant, c'était un Royaume tout aussi verdoyant que l'est Biozdun !
- Nous le savons très bien Cyliana, mais notre décision est prise. Ma femme et moi, nous resterons ici ! Nous en avons déjà discuté, nous nous doutions que votre venue n'était pas sans rapport avec Khaos... Mais notre vie est ici ! Tout le village est du même avis que nous, seules quelques personnes ont décidé de partir. Nous sommes désolés, mais nous ne changerons pas d'avis... Nous vous remercions tout de même de vous être inquiétez de notre sort...
# Posté le jeudi 05 juillet 2007 05:59
Modifié le dimanche 29 juillet 2007 12:43

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