Chapitre Huit, troisième partie.

Chapitre Huit, troisième partie.
Attention je tiens a préciser aux éventuels lecteurs que cette deuxième partie des révélations est complétement pourrie (désolé y'a pas d'autre mot) et que je les réécrirais plus tard (beaucoup plus tard) parce que là je fais n'importe quoi, donc je préfére continuer (surtout que je préfère de loin la suite) donc je m'en excuse d'avance...



Enguerrand décida de retourner au cabinet de travail, se doutant que Hyamon devait les y attendre.

Alors qu'ils remontaient les escaliers, ils aperçurent le vieux Sorcier s'approcher agacé.

- Ah vous voila tous les deux ! s'exclama-t-il en les apercevant. Je vous cherche depuis un moment. J'aurais dû me douter que vous seriez avec Hildevert. Suivez-moi, nous n'avons pas de temps à perdre ! Je dois bientôt m'entretenir avec Zuri, le Sorcier Royal de Derdahine, car les Nains commencent eux aussi à s'inquiéter.

Sans plus d'explication, il remonta les escaliers, et retourna à son cabinet de travail. Cyliana et Enguerrand le suivirent docilement.

Quand ils furent tous installés, un silence pesant fit son apparition. Hyamon, bien que pressé d'en finir, ne savait toujours pas comment son protégé avait pris la nouvelle.

Enguerrand comprenant l'embarras de Hyamon prit la parole.

- Hyamon, hier Cyliana m'a montré qui elle était et ce qu'elle était chargée de faire. Maintenant, j'aimerai savoir ce que moi je suis censé faire dans toute cette histoire. Car je n'en ai quasiment aucune idée.

Hyamon regardait Cyliana ébahi.

- Tu as utilisé l'héritage des Radaskiels pour tout lui révéler ?
- Oui...

Hyamon eut soudain un petit sourire et regarda la Keltane attendri.

- Tu es très courageuse ma petite, je sais ce que cela a dû te coûter de prendre une telle décision.

Cyliana lui sourit. Cela lui avait peut-être coûté, mais la récompense qu'elle avait reçue en échange était de loin supérieure. Elle avait maintenant un ami qui connaissait tout d'elle et qui ne la haïssait pas. Cela valait largement toutes les peines du monde.

Hyamon pendant ce temps réfléchissait. Il passa une main sur son menton, se demandant par où il allait commencer. Toute la nuit, il s'était posé la question. S'imaginant plusieurs situations possibles, mais aucune ne lui avait semblé adaptée. Il allait devoir faire très attention à ce qu'il allait dire, conscient qu'Enguerrand n'allait pas du tout apprécier certains passages.

- Bien ! Il faut tout d'abord que je te dise ce qui c'est réellement passé lors de la Création du Pendentif Noir. Enfin... plus exactement, pourquoi il a été crée.

Enguerrand le regarda étonné.

- Comment ça ? Si le Maître Noir l'a crée, c'était pour se venger...

Enguerrand s'arrêta. Un doute l'assaillit brusquement. Plusieurs éléments lui parurent soudain suspects. Comme si un voile s'était levé depuis qu'il n'en voulait plus aux Keltans. Il trouva que quelque chose clochait dans cette explication. De plus, il voyait Hyamon le regarder passablement déçu.

- Et moi qui pensais que tu avais suivi mes leçons... se lamenta Hyamon. Ne t'ai-je pas appris à prendre la moindre information et l'analyser ? J'ai l'impression qu'en réalité tu n'as retenu que ce qui t'intéressait...
» N'as-tu jamais trouvé étrange, qu'un Elfe Noir ressente soudainement des sentiments n'ayant jamais existé dans notre monde ?
» Comment expliques-tu qu'il ait ressenti de la colère, de la haine, et l'envie de se venger alors que le Pendentif Noir n'avait pas encore été crée ?
» Et comment expliques-tu, qu'il ait pû créer le Pendentif Noir sans posséder le moindre pouvoir ?

Enguerrand réalisa que tout cela était effectivement bien étrange. Et à l'attitude mal à l'aise de Hyamon, il finit par comprendre pourquoi.

- Comme tu le sais, bien avant la création de notre monde, il y a eu une guerre opposant le Créateur au Prince des Ténèbres. Chacun désirant avoir le contrôle absolu du monde qui serait créé. Cependant, aucun des deux ne réussit à prendre l'avantage, même pas un bref instant. Les deux parties durent alors se résigner à conclure un pacte. Celui de se partager le monde.
» Mais pour pouvoir le concevoir, le Créateur avait besoin que celui-ci soit totalement pur. Le Prince des Ténèbres se résigna donc à le laisser engendrer le monde comme il l'entendait. Et cela, grâce au Pendentif de la Vie.

Enguerrand remua sur son siège, il venait de comprendre ce qui s'était passé, et ça ne lui plaisait pas le moins du monde. Cependant, il laissa Hyamon continuer.

- Lorsque le Créateur eut terminé, le Princes des Ténèbres dû attendre plusieurs millénaires avant de pouvoir mettre ses plans à exécution. Il fallait que les différentes Races aient pris leur place au sein du monde, et que les Sorciers Originels se soient séparés du Pendentif.
» Lorsque tout fut en place, le Prince des Ténèbres passa plusieurs siècles à manipuler l'Elfe Noir, afin qu'il soit obsédé par le Pendentif. Il l'envoya ensuite sur sa piste par l'intermédiaire de son ami. Le Prince des Ténèbres le guida afin qu'il trouve le Sanctuaire sans qu'il ne lui arrive quoi que ce soit. Puis, quand il revint fièrement avec le Pendentif, il fit en sorte que son ami se moque de lui, afin de pouvoir lui insuffler progressivement des sentiments de colère, de haine, et enfin de vengeance. Il put alors l'influencer d'avantage et faire en sorte qu'il crée le Pendentif Noir.
» C'est le Prince des Ténèbres qui a protégé l'Elfe Noir de la puissance du Pendentif, et c'est également lui qui lui a donné la force suffisante pour créer le Pendentif Noir. Ainsi, le mal put apparaître dans notre monde...

# Posté le mardi 14 novembre 2006 05:06

Modifié le lundi 30 avril 2007 22:02

Chapitre Huit, quatrième partie.

Chapitre Huit, quatrième partie.
Cyliana regardait Enguerrand inquiète. Il gigotait de plus en plus sur son siège. Il détestait entendre parler du Créateur et du Prince des Ténèbres. Il savait que dans l'ombre, c'était eux qui menaient la danse. Aucun geste n'était anodin, que l'ont face le bien comme le mal.

- Ce que tu es en train de me dire, commença Enguerrand agacé, c'est qu'une fois de plus, tout est de leur faute ? Dis-moi, lorsque les Keltans ont massacré mon village, ou que j'ai moi-même massacré un village, qui cela avantagerait-il ? Le Prince des Ténèbres, ou bien ce cher Créateur ?
- Enguerrand, je sais que tu n'apprécies pas ce qui se passe, mais calme toi. Je n'y suis pour rien ! Il est vrai que le Créateur et le Prince des Ténèbres nous manipulent... Mais pas autant que tu pourrais le penser. Ils ne le peuvent plus. Un équilibre s'est installé depuis que les deux Pendentifs sont sur terre. Tout du moins pour l'instant.
» Cet équilibre est cependant particulièrement instable. Les Pendentifs peuvent servir à faire le bien, comme le mal. Par exemple, le Pendentif de la Vie représente le bien, mais il peut se révéler particulièrement destructeur ! Entre nos mains, ce sont des armes de guerre avant d'être des Symboles du Bien ou du Mal. Si Khaos s'empare du Pendentif de la Vie, je peux t'assurer qu'il ne fera pas le bien pour autant !
-Peut-être ! Mais ce que l'on fait avantage toujours l'un des deux camps... Et pendant que les deux benêts s'amusent, la vie d'un peuple est en jeu !

Enguerrand était maintenant hors de lui. Toutefois, Hyamon s'y était attendu et n'y fit pas attention.

- En réalité, dit-t-il sinistre, ce n'est pas la vie d'un seul peuple qui est en jeu. Mais de tous les peuples... Si le Prince des Ténèbres remporte la victoire, nous serons tous condamnés à le servir. Alors, une éternité de souffrance et de misère nous attendra. Et cela, que l'on soit mortel ou immortel...
» Alors c'est vrai, nous sommes manipulés. Mais préfèrerais-tu réellement avantager le Princes des Ténèbres plutôt que le Créateur ?

Enguerrand se calma légèrement.

- Bien sûr que non ! Mais je trouve le Créateur aussi fourbe que le Prince des Ténèbres pour jouer avec nous de cette manière...

Enguerrand souffla et regarda Cyliana qui écoutait silencieuse la discussion. Elle lui fit un pâle sourire, comprenant parfaitement sa colère. La même que la sienne.

Alors qu'il pensait au Prince des Ténèbres et à toutes ses machinations, Enguerrand sursauta. Une idée venait de lui traverser l'esprit. Une horrible idée.

- Hyamon ! Le Prince des Ténèbres peut-il obliger une personne à tuer quelqu'un ? Tuer Cyliana par exemple ?

Cette idée le terrorisa. Et si le Prince des Ténèbres ranimait sa haine des Keltans pour l'obliger à tuer Cyliana...

Hyamon ayant compris son inquiétude, se dépêcha de le rassurer.

- Non, il ne peut influencer les gens que dans une certaine mesure. Par exemple, il ne pourrait en aucun cas te forcer à tuer Cyliana. Il pourrait seulement t'en donner l'envie. Mais à aucun moment tu ne penserais réellement le faire.
» Par contre, il arriverait plus facilement à manipuler une personne comme Khaos, car il n'y a quasiment plus rien de bon en lui. Mais là encore, la décision finale reviendrait à Khaos lui-même. Bien que je doute qu'il ne résiste à la tentation de le faire...
- Comment peux-tu être sûr que je ne le ferai pas moi aussi ? Depuis que j'ai huit ans, je haïs les Keltans plus que tout, et j'ai déjà cédé une fois...

Hyamon regarda son protégé touché. Il ressentait toute la détresse qu'il éprouvait.

- Tu détestais les Keltans, corrigea-t-il, ce n'est plus le cas maintenant. Cela fait une grosse différence. De plus, lorsque tu as participé au massacre, tu t'es laissé entraîner par tes sentiments, c'est vrai, mais maintenant tu le regrettes amèrement. Et cela change tout. Je peux t'assurer que tu ne t'y laisseras plus prendre. Et puis pour terminer, Cyliana est ton amie et cela aussi fait une énorme différence. Qui aurait pu prédire quelques années plus tôt que cela arriverait un jour ?

Cyliana posa une main sur le bras d'Enguerrand pour le réconforter. Lorsqu'il la regarda, elle lui fit son magnifique sourire pour lui montrer qu'elle avait toute confiance en lui, ce qui le rassura.

Enguerrand décida alors de passer aux choses sérieuses et fit signe à Hyamon de continuer.

- Comme tu l'as compris, l'enjeu de tout ceci est notre destin. Il faut à tout prix empêcher le Prince des Ténèbres de faire pencher la balance de son côté. C'est pour cela que tu dois prendre le Pendentif pour lutter contre Khaos. Surtout maintenant qu'il a avec lui le Pendentif Noir...

Enguerrand fut à peine surpris par cette nouvelle. Comment aurait-il pu en être autrement ? Khaos était loin d'être bête. S'étant fait battre une première fois en partie à cause du Pendentif, il n'allait pas commettre la même erreur deux fois de suite. D'autant plus que le Pendentif Noir se trouvait dans son pays...

- Cyliana devra donc t'accompagner et te protéger, car tu es le seul à pouvoir prendre le Pendentif, elle connaît quasiment tout de ce qui t'attend et les embûches que pourrait te tendre l'ennemi. Mais tu devras également la protéger, car sans elle, tu ne pourras pas ouvrir le Sanctuaire. Elle seule peut l'ouvrir.
» Quand tu auras récupéré le Pendentif, tu devras bien évidemment le protéger à tout prix. Car tu seras toujours une cible facile. Bien que le Pendentif contienne des pouvoirs dévastateurs et quasi-illimités, toi, par contre, tu ne disposes que de ressources limitées, ce qui en réduit grandement l'efficacité. Mais tu devras bien sûr lutter contre les armées qu'enverra Khaos...
- Et comment ferai-je contre Khaos ? Je suis loin d'être de taille. Khaos est un Sorcier Originel et moi un simple Sorcier, je risque de lui donner le Pendentif plus tôt qu'il ne s'y attend lui-même.

Hyamon le regarda soudain perplexe.

- Qui t'a dit que tu devrais te battre contre lui ? J'ai seulement dit de lutter contre ses armées, ou plutôt aider nos armées. Je n'ai jamais dit que tu devrais te mesurer à lui, ce n'est pas à toi de le faire.
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# Posté le mardi 14 novembre 2006 05:07

Modifié le lundi 30 avril 2007 21:55

Chapitre Huit, cinquième partie.

Chapitre Huit, cinquième partie.
Enguerrand regarda Hyamon le sourire aux lèvres, il avait amené le Sorcier exactement là où il le voulait.

- Bien sûr ! Que suis-je bête... Celui qui affrontera Khaos, ce ne peut être que le deuxième et dernier Sorcier Originel encore en vie ! Donc toi, Hyamon...

Cyliana sursauta, elle regarda ébahie le vieux Sorcier se demandant s'il était réellement possible que ce soit lui, n'ayant aucun souvenir de l'avoir vu dans l'héritage des Radaskiels. Elle s'aperçut cependant qu'il semblait aussi surpris qu'elle, voire même plus...

Kriar quand à lui, ne regardait pas Hyamon, mais Enguerrand. Il était irrité que son maître lui ait caché la véritable nature du Sorcier.

- Qu'est ce que tu racontes ? demanda Hyamon méfiant.

Enguerrand sourit de plus belle, satisfait de son effet de surprise. Jamais en quatorze ans, il n'avait réussi à réellement surprendre son professeur. Mais aujourd'hui, ça avait changé, et cela de façon radicale.

- Hyamon, je te connais mieux que quiconque. Depuis que tu m'as pris à tes côtés, j'ai toujours remarqué avec qu'elle facilité tu créais les sorts les plus compliqués. Tous assurent que c'est parce que tu as beaucoup plus d'expérience que quiconque, et ils ont raison, mais cela n'explique pas la puissance que tu possèdes...
» Puis il y a la fois où je t'ai surpris à invoquer un sort de souvenir alors que tu pensais être seul. Dans ce souvenir, l'on y voyait une guerre... Une guerre avec des Elfes Noirs contre une alliance, une alliance où il y avait également des Elfes Noirs, et aucuns d'entre eux n'avait la Marque... Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre.
» Et enfin hier, lorsque Cyliana m'a fait découvrir la malédiction, j'ai remarqué trois Sorciers, tous les trois avaient la même armure, et comme l'un d'entre eux était Khaos, et que le deuxième me rappelait vaguement Cerollin beaucoup plus jeune, je me suis attardé sur le troisième. Je ne l'ai pas reconnu, sauf lorsqu'il a passé sa main dans sa barbe et qu'il a froncé les sourcils, il te ressemblait parfaitement, avec quelques millénaires de moins...

Hyamon qui se grattait la barbe se pétrifia et remarqua qu'il venait de froncer les sourcils.

Devant l'air stupéfait de Hyamon, mais aussi de Cyliana, Enguerrand souriait fier de son petit tour.

- Je retire ce que j'ai dit, s'exclama Hyamon encore sous le choc, tu as très bien retenu mes leçons !

Cyliana, la surprise passée, réalisa en un instant ce que tout cela signifiait.

- Mais alors Hyamon, pourquoi envoyer Enguerrand ? Vous savez qu'il n'a aucune chance face à Khaos, il ne pourra pas utiliser le Pendentif avec autant de puissance que vous ! Alors pourquoi l'envoyer lui ?

Hyamon hésita, il n'avait pas du tout prévu de révéler tout de suite qui il était réellement. Du coup, il allait devoir aborder un autre sujet délicat...

- Bien que je préférerai cette solution de loin, commença-t-il, je ne peux en aucun cas prendre le Pendentif, du moins pas aussi longtemps.

Cyliana et Enguerrand le regardèrent, attentifs.

- Voyez-vous, continua Hyamon hésitant, si nous avons décidé de nous séparer du Pendentif, c'est pour la seule et unique raison que celui-ci nous tuait.
- Comment ça ? demanda Cyliana horrifiée.
- Après qu'ils eurent scellé le pacte, le Créateur fut obligé de laisser au Prince des Ténèbres un moyen d'infiltrer le mal dans notre monde. C'est pour cette raison, qu'il a fait en sorte que nous ne soyons pas totalement immunisés face à son pouvoir, afin que le Pendentif puisse tomber entre les mains de celui qu'aurait choisi le Prince des Ténèbres. C'est pour cette raison, que nous avons caché le Pendentif, sinon nous ne nous en serions jamais séparés. Chacun d'entre nous ne pouvions le garder qu'un certain temps.
- Et pourquoi Khaos peut-il prendre le Pendentif Noir et pas vous ?
- Car c'est moi qui ait gardé le Pendentif en dernier avant que l'on ne décide de le cacher. Ma résistance face à lui est quasiment inexistante maintenant.
» Quand il a fallu remettre le Pendentif dans son Sanctuaire après que Cerollin se soit sacrifié, j'ai été à deux doigts de succomber à son pouvoir... C'est pour cette raison, que je ne le prendrai que lorsque l'on sera face à Khaos. Comme cela, si je meurs lors du combat, j'espère que j'aurai réussi à assez l'affaiblir pour qu'Enguerrand puisse l'achever.

Cyliana était de plus en plus perplexe.

- Alors comment pouvez-vous croire qu'Enguerrand sera capable de le prendre ? Ce n'est pas l'un d'entre vous !
- Je le sais bien. Mais c'est qu'Enguerrand a quelque chose que je n'ai pas...

Cyliana regarda Hyamon étonnée puis posa son regard sur Enguerrand curieuse. Celui-ci se mit à rire. Elle dût attendre un long moment qu'il se soit calmé avant qu'il ne se décide à lui expliquer.

- J'ai mis du temps à comprendre, mais ça y est ! Vois-tu Cyliana, si je suis encore en vie alors que des Sorciers ont jeté un sort sur moi et ma famille, c'est pour la seule et unique raison que les sorts que l'on me lance ne me font aucun effet... Enfin, plus exactement, je les ressens, mais je ne les subis pas.

Cyliana le regardait pas sur d'avoir tout compris.

- Tu veux dire que...
- Je veux dire que lorsque les Sorciers ont lancé le sort qui devait me tuer, je n'ai fait qu'en ressentir la douleur, mais le sort ne m'a pas atteint.

Cyliana comprit alors ce que voulait dire Hyamon. Enguerrand pouvait prendre le Pendentif sans être détruit par sa puissance. Mais elle n'en fut pas pour autant convaincue. Si Enguerrand en ressentait la douleur, le Pendentif était si puissant qu'il pourrait en mourir...

- Hyamon, je veux bien qu'Enguerrand soit protégé, mais même s'il ne fait qu'en ressentir les effets ça reviendra au même, le Pendentif est si puissant que ça le tuera !
- Alors si c'est le cas nous sommes perdus... Mais je pense qu'Enguerrand le supportera. Il a déjà survécu à un sort extrêmement puissant alors qu'il n'avait que huit ans.

Enguerrand profitant d'un silence souffla bruyamment, afin d'attirer l'attention sur lui.

- Je suis désolé de vous interrompre, mais il me semble que c'est de moi dont vous parlez, et de ma vie aussi par la même occasion. Alors je pense que ce serait à moi de choisir non ?
- Enguerrand à aucun moment je n'ai voulu mettre ta vie en danger mais...

Enguerrand fit taire Cyliana d'un geste de la main.

- N'en dis pas plus. Vous avez tous les deux raison. Mais nous n'avons pas le choix. Je dois essayer pour protéger ton peuple, mais aussi tous les autres...

Et surtout te protéger toi... Mais ça, Enguerrand ne le dit pas. Bien que plus que tout c'était elle qu'il désirait protéger.

Hyamon regardait Enguerrand incrédule. Il ne s'était pas du tout attendu à cette réaction. Il pensait qu'il serait furieux contre lui, pensant qu'il ne l'avait pris que pour devenir le Gardien, mais Enguerrand ne semblait pas lui en vouloir...

- Bien Hyamon, une petite question avant que tu ne m'expliques la suite. Pourquoi as-t-on si peur que quelqu'un s'empare du Pendentif puisque personne ne peut le prendre sans mourir ? Et comme Khaos ne peut pas franchir la barrière...
- En réalité, expliqua Hyamon, tout le monde peut prendre le Pendentif pendant un certain temps, à condition de ne pas l'utiliser...
- Et combien de temps peut-on le garder sans l'utiliser ?

Hyamon réfléchit quelques instants, sous le regard sombre de Cyliana, qui n'acceptait toujours pas que le Sorcier lui ait caché de telles informations.

- Je ne peux pas vraiment te le dire. Tout dépend déjà de la Race. Par exemple, un Humain résistera moins bien qu'un Elfe, et un Elfe résistera moins bien qu'un Méraquien. En gros, une personne peut le garder entre dix jours et un mois... Ce qui laisse largement à cette personne le temps de le passer à quelqu'un d'autre...
- Peut-être, mais le Pendentif est protégé au sein du Sanctuaire, et tu m'as dit que Cyliana est la seule à pouvoir l'ouvrir.
- Oui, mais le problème en réalité, est que Khaos a trouvé le Pendentif Noir qui n'était pas aussi bien protégé. Maintenant, seul le Pendentif de la Création peut lui faire face...
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# Posté le mardi 21 novembre 2006 06:24

Modifié le mardi 01 mai 2007 02:11

Chapitre Huit, sixième partie.

Chapitre Huit, sixième partie.
(Carte du Continent coloré par Nimdhril, encore un grand merci ^_^)


Enguerrand souffla exaspéré.

- Bien, passons à la suite si tu le veux bien.

Cyliana acquiesça, elle aussi était pressée d'en finir.

- Il me reste à te parler de l'épée que vous devrez aller chercher avant de prendre le Pendentif...

Enguerrand, à qui les surprises ne faisaient plus grand effet, regarda Hyamon dépité.

- C'est quoi encore que cette histoire ?
- Il s'agit d'une épée spéciale... l'épée du Maître Noir...

Soudain intrigué, il regarda Hyamon.

- Pourquoi ça ? Que peux bien venir faire cette épée avec le Pendentif ?
- Eh bien, vois-tu, je n'en sais rien non plus. Tout ce que je sais, c'est que l'on ne peut pas prendre le Pendentif sans l'épée. Il y a un lien entre eux deux. Si quelqu'un prend le Pendentif sans posséder d'abord l'épée, il meurt aussitôt.
- Et pourquoi n'y a-t-il pas de lien avec le Pendentif Noir ?
- Je n'en sais absolument rien, dit Hyamon pensif, mais cela nous aurait grandement simplifié la vie...
- Et où se trouve cette fameuse épée ?
- Dans les Marais de l'Oublie...
- Quoi ! S'exclama Enguerrand. Mais c'est à l'opposé du Sanctuaire ! Je pensais que l'on était pressé ! Pourquoi avoir placé l'épée si loin ?

Enguerrand n'arrivait pas à croire que l'on rende les choses encore plus difficiles qu'elles ne l'étaient déjà. Ça le mettait hors de lui. Mais cela ne semblait pas gêner Hyamon pour autant.

- Si j'ai fait cela, c'est pour une bonne raison figure toi ! Si quelqu'un réussit à s'emparer de l'épée, les Ombres Ardentes ont le temps de prendre les mesures nécessaires afin de protéger plus efficacement le Pendentif.

La colère d'Enguerrand se calma aussi vite qu'elle était apparue.

- Effectivement ce n'était pas une mauvaise idée, mais j'aurai préféré que tu la gardes avec toi à Sautour, elle aurait été en sécurité ici aussi.
- On n'est jamais trop prudent mon garçon.

Enguerrand regarda Cyliana qui écoutait silencieuse.

- Quand on aura l'épée et le Pendentif, on reviendra à Sautour ?
- Non, expliqua-t-elle, lorsque tu auras le Pendentif, nous irons en Keltania où nous te formerons.
- Pourquoi ne pas me former ici ? Si Khaos attaque, je serai plus utile à Sautour qu'en Keltania. D'autant plus que l'on ne risque pas de m'accueillir à bras ouverts chez toi...
- Je ne peux pas assurer ta formation et ta protection seule. Et bien qu'il est vrai que tu ne seras pas très apprécié, tu seras tout de même plus en sécurité là bas, qu'ici. Car même si mon peuple déteste les Ombres Ardentes, et te détestera aussi en tant que Gardien, ils savent très bien ce que cela représente. Ils feront tout pour qu'il ne t'arrive rien.

Enguerrand comprit que Cyliana avait raison. S'il restait à Sautour sans savoir se servir du Pendentif, il ferait une proie facile.

- Et quand devrons-nous partir ?
- Le plus tôt possible, car il se pourrait que quelqu'un essaye de s'emparer de l'épée... J'ai déjà demandé à Eyora – celle qui dirige l'Ordre en mon absence –, d'envoyer un message pour prévenir le peuple des Marais que l'épée est en danger.
- Accepteront-ils de nous donner l'épée ? Car je sais qu'ils ne sont pas très... coopératifs, loin de là. Ils refusent catégoriquement que l'on pénètre sur leur territoire.
- Ne t'inquiète pas, intervint Hyamon, j'ai passé un accord avec eux. N'oublie pas qu'ils sont autant concernés que nous par toute cette histoire. Et crois-moi, ils ne désirent pas voir Khaos s'emparer du Pendentif, et encore moins le voir diriger notre monde.
- Et Khaos dans tout ça, combien de temps penses-tu qu'il mettra avant de réussir à utiliser le Pendentif ?

Hyamon réfléchit rapidement avant de répondre.

- Je ne sais pas trop... Je dirais trois mois au minimum, c'est à peu près le temps que Cerollin et moi avons mis pour arriver à le faire fonctionner.
- Tu as autre chose à me dire ?

Hyamon se redressa, soupira, et se détendit enfin.

- Non, nous en avons enfin fini avec toutes ces sombres révélations.

Enguerrand fut soulagé. Il n'aurait pas aimé entendre d'autres mauvaises nouvelles. D'autant plus, que la dernière question qu'il voulait poser ne lui semblait guère encourageante.

- Et qu'en est-il avec la douleur de Cyliana ?

Au lieu de répondre, Hyamon se leva et se dirigea vers le meuble au fond de la pièce. Il y prit un sachet assez volumineux qui y était posé. Il revint ensuite auprès d'eux.

- Hier soir, j'ai préparé cela. Ce sont des feuilles de Lidhs. Pour l'instant, nous ne pouvons rien faire d'autre que d'endormir la douleur. Mais contrairement à la prescription habituelle, Cyliana devra prendre trois feuilles en tisane à chaque repas, et également après qu'elle ait utilisé ses pouvoirs.

Enguerrand regarda Hyamon abasourdi.

- Mais c'est beaucoup plus que ce qui est recommandé habituellement !
- Je sais, dit-il mal à l'aise, c'est pour cela que j'ai enduit les feuilles d'extrait de Caorhi. Cela diminuera grandement les effets nocifs des feuilles, mais aussi un peu de leur efficacité.

Cyliana regarda Hyamon anxieuse.

- Et quels sont ces effets nocifs ?

Hyamon marqua un temps d'arrêt, le temps de choisir avec soin ses mots.

- En prendre trop souvent, provoque à la longue un empoisonnement... Mais ne t'inquiète pas ! Le Caorhi diminue grandement ses effets nocifs, et tu arrêteras d'en prendre une fois que tu auras ouvert le Sanctuaire. Après, tu prendras une potion qui endormira tes pouvoirs et qui sera cette fois-ci, totalement inoffensive. Mais je ne te donnerai cette potion que lorsque vous reviendrez des Marais de l'Oublie.

Enguerrand bien qu'inquiet, ne dit rien. Ce doutant que c'était, pour le moment, la meilleure solution.

- Quand est-ce que tu termineras le rite de transfert des pouvoirs de Cyliana ? Car si j'ai bien compris, c'est en partie à cause de ça qu'elle souffre déjà de ces douleurs...

Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Hyamon demanda à la personne d'entrer. Apparut alors un valet qui salua tout le monde.

- Messire Hyamon, il est l'heure de votre entretient avec Messire Zuri, du Royaume des Nains. Il vous attend avec impatience.
- Bien, je vais y aller, merci.

Le valet salua de nouveau puis partit, non sans jeter un coup d'½il surpris à Cyliana.

- Bien, je dois y aller. De toute façon, tu sais à présent tout ce que tu avais besoin de savoir. Pour ce qui est du rite de transfert, je l'effectuerai demain soir. Ainsi vous pourrez profiter pleinement de cette après-midi et de votre journée de demain pour vous détendre.
- Et quand devrons nous partir ? Le plus tôt possible je présume ?
- Effectivement. Vous partirez dans trois jours avec la Légion qui s'en va renforcer la garnison des remparts d'Ebnissia. Ainsi, je suis sûr que la première partie de votre voyage vers les Marais de l'Oublie se déroulera sans le moindre problème.
» Maintenant, profitez de cette journée pour vous détendre et ne plus penser à tout cela. Emmène Cyliana visiter Sautour par exemple. Et n'oublie pas de prendre les feuilles de Lidhs, je compte sur toi pour veiller sur elle !

Hyamon pouvait être rassuré sur ce dernier point. Mais Enguerrand avait une dernière question à poser.

- Quelle Légion va aller renforcer la garnison d'Ebnissia ?

Hyamon sourit, s'attendant à cette question.

- La troisième Légion. Il me semble que c'est celle d'Azean et d'Edmond. Tu les croiseras certainement en ville, ou alors à la caserne. À moins qu'ils n'aient déjà appris ta venue et qu'ils te cherchent !

Puis sans plus tarder, Hyamon sortit.

# Posté le mardi 21 novembre 2006 06:25

Modifié le samedi 07 juillet 2007 19:34

Chapitre Neuf, première partie.

Chapitre Neuf, première partie.
CHAPITRE 9





Enguerrand se tourna vers Cyliana qui le regardait angoissée.

- Comment prends-tu toutes ces nouvelles ?
- Sincèrement ? Je n'en sais rien, je trouve ça irréel. J'ai l'impression d'amener ton peuple à une mort certaine...

Cyliana s'approcha de lui et le prit dans ses bras pour le réconforter à son tour.

- Enguerrand, jamais rien n'est écrit d'avance. Et cela, malgré que le Créateur et le Prince des Ténèbres essaient de tirer les ficelles.
» Regarde. Lors de la première guerre contre l'Orgerac, les forces de l'Alliance étaient trois fois supérieures en nombre. Il semblait impossible que l'Alliance perde, et pourtant, c'est ce qui est arrivé. Enfin du moins au début.
» J'ai confiance en toi ! Je suis sûr que tu trouveras une solution. Mais un petit conseil. N'y pense plus. Cela ne servira qu'à te créer de nouveaux problèmes. Si nous ne faisions que penser à ce qui se passerait si telle ou telle chose arrivait, nous ne serions plus capables de rien.

Enguerrand prit Cyliana dans ses bras et l'embrassa sur le front. Elle en fut surprise, mais apprécia le geste.

- Merci beaucoup Cyliana, je suis sûr qu'ensemble nous allons former une super équipe !

Cyliana sourit, amusée. Elle appréciait le côté insouciant d'Enguerrand. Elle espérait néanmoins qu'il ne l'était pas trop...

- Bien. Appliquons les conseils avisés de Hyamon. Oublions tout ça pendant au moins un moment. Allons visiter Sautour !

Enguerrand remit son épée à sa place ainsi que sa cape, puis prit la main de Cyliana et l'entraîna rapidement vers les escaliers. Suivis de Kriar, ils montèrent les escaliers, direction le sommet du donjon. Ils croisèrent beaucoup de monde, principalement des soldats et des valets. Tous regardèrent indigné la drôle de troupe qui montait les escaliers en courant, faisant la course pour savoir qui arriverait au sommet du Donjon le plus rapidement.

Ce fut Kriar qui arriva en premier, suivi de près par Cyliana et enfin Enguerrand. Lorsqu'ils arrivèrent sur le toit crénelé, Cyliana remarqua au centre une petite surévaluation où était entreposée une grosse pile de bois. Elle regarda Enguerrand curieuse et s'aperçut qu'il était essoufflé.

Enguerrand fit signe à Cyliana d'attendre quelques secondes, le temps qu'il puisse reprendre son souffle, fatigué après avoir couru sa cotte de mailles sur le dos. Cyliana le regardait amusée. Personne n'aurait pu deviner qu'elle venait de grimper six étages en courant.

- Eh bien, déjà fatigué ? Je pensais que tu avais du sang Elfique dans les veines ! Les Elfes de ShamLadriss sont-ils si faibles que ça ?

Enguerrand fit une grimace à Cyliana qui s'esclaffa.

- Je vois maintenant d'où Kriar tire ses grimaces !

Kriar se roula par terre hilare. Enguerrand fit semblant d'être vexé mais il ne put retenir un éclat de rire en voyant la jeune Keltane jouer la parfaite innocente.

Puis son attention se posa de nouveau sur la surélévation au milieu du toit.

- A quoi ça sert ?
- Cela fait partie du réseau de feux d'alarme. Ils partent des montagnes Naines et vont jusqu'aux Royaumes de Hendelas et ShamLadriss, afin d'avertir les pays de l'Alliance du débarquement de la flotte ennemie.
- Et les Dragons ? Vous ne les prévenez pas ?
- Non, par directement. C'est eux qui viennent prendre des nouvelles en ShamLadriss. Ils ne font pas officiellement partie de l'Alliance. Ils préfèrent garder leur indépendance. Bien qu'ils aient assuré qu'en cas de nouvelle guerre, ils nous soutiendraient. Mais trêve de bavardage, ce n'est pas ça que je voulais te montrer.

Enguerrand reprit la main de Cyliana et l'amena jusqu'aux créneaux où il lui fit profiter du paysage en lui expliquant que la barrière de Cerollin se trouvait de ce côté du château.

Cyliana regarda ébahie le panorama qui s'étendait devant-elle. Elle voyait de nombreuses habitations de l'autre côté de la rive du fleuve qui bordait les remparts. Elle regarda ce vaste paysage, se trouvant derrière la barrière de Cerollin. Au loin, se trouvait ShamLadriss, où se trouvait le petit Royaume d'Irdala avec le Sanctuaire où elle devrait bientôt aller, et peut-être mourir... Cependant, Cyliana décida de penser à autre chose. Elle regarda les eaux du fleuve qui coulaient le long des remparts extérieurs. Le soleil étant à son zénith, elle voyait l'étendu d'eau briller de mille feux. Elle trouva ce décor magnifique et magique. Elle se pencha un peu par-dessus le créneau, afin de regarder les remparts situés tout autour du donjon, mais elle trouva le décor sinistre comparé aux paysages.

Ils restèrent un long moment ainsi, à observer le panorama.

Mais lorsque Kriar fit remarquer qu'il avait faim, ils décidèrent qu'il était grand temps d'aller manger. Enguerrand avait d'ailleurs une petite idée. Ils descendirent jusqu'aux cuisines, où Hildevert leur donna rapidement de quoi se restaurer. Puis Enguerrand voulut emmener Cyliana hors du donjon. Mais avant qu'ils ne sortent, elle l'arrêta.

- Où va t'on ?
- C'est une surprise.
- Je ne pense pas que les habitants vont pas apprécier de me voir...
- Ne t'inquiète pas, la garnison a été prévenue de ta présence, et puis Kriar tiendra à distance toutes mauvaises rencontres.

Rassurée, elle fit signe qu'ils pouvaient repartir. Il l'emmena alors vers les niveaux inférieurs du château. Elle remarqua que presque personne ne faisait attention à elle. Si bien qu'ils franchirent les portes de la dernière ligne de défense sans encombres. Ils arrivèrent ainsi sur l'immense plaine faisant face au château. Au loin, se dessinaient les remparts de l'île qui les protégeaient encore du monde extérieur.

Enguerrand l'emmena sur une petite butte en plein coeur de la plaine, éloignée de la voie Royale et de la foule qui se dirigeait vers le château.

- Et voilà, nous allons pouvoir manger à l'air libre, loin de toute la foule. Un vrai havre de paix !
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# Posté le dimanche 04 février 2007 05:01

Modifié le mardi 12 juin 2007 09:41