Chapitre Premier, cinquième partie.

Chapitre Premier, cinquième partie.
Il se réveilla en sursaut, le visage couvert de sueur, le regard empli d'une terreur lointaine. Dormir lui était devenu impossible. Depuis près d'une semaine, dés qu'il fermait les yeux, il refaisait immanquablement le même rêve. Et ce rêve il ne le connaissait que trop bien. Il revoyait sans cesse le jour maudit où il avait commis l'irréparable... Revoir inlassablement la même chose nuit après nuit lui devenait insupportable.

Cela faisait presque un an maintenant qu'une folie meurtrière s'était emparée de lui. Il n'avait pas réussi à se contrôler, et lui et ses compagnons avaient massacrés tout un village de villageois Keltan. Eux-mêmes s'y étaient installés après que leurs véritables propriétaires aient été exécutés par leur armée.

Les Légionnaires avaient reçu l'ordre de reprendre le village. Le Roi ne désirait plus permettre aux Keltans d'avancer plus sur le territoire et de massacrer son peuple. En se rendant sur place, tous s'étaient attendus à tomber sur l'armée Keltane. Mais ce qu'ils trouvèrent tout d'abord, ce fut à une lieue du village, un amas de cadavres empilés qui se décomposaient au soleil depuis près de deux semaines.

Tous avaient étés choqués par cette vision. Ils savaient les Elfes Noirs sans pitié, mais de là à ne même pas prendre la peine de respecter les morts leur étaient insupportable. Tous avaient étés choqués par cette vision d'horreur. Affronter la mort était une chose, en voir le résultat en était une autre.

Le Maréchal de la Légion avait alors ordonné une halte, le temps d'enterrer dignement les corps. Comme ses hommes, il avait participé à la tâche sans se soucier de son rang, ce qui les avaient une fois de plus tous surpris. Il ne ressemblait en rien à un officier ordinaire. Durant ce travail ingrat, nombre de soldats pourtant robustes, ayant combattu de nombreuses fois et à qui la mort ne faisaient plus peur, ne purent s'empêcher de vomir.

Au fur et à mesure qu'ils avaient entassés les corps dans une fosse commune – faute de temps, la colère était montée au sein des Légionnaires. Ils n'avaient plus qu'une envie qui se présentait à eux telle une obsession : atteindre le village pour enfin se venger de l'armée Keltane.

Quand le départ fut ordonné, tous étaient remontés en selle le plus rapidement possible. Pour fuir cet endroit, et, surtout, pour affronter cette fois-ci un véritable adversaire.

Avec ces amis, Klid et Azean, il s'était senti prêt à réduire à néant toutes les armées Keltanes qui se présenteraient à eux. Après tout, ils faisaient partie de la Légion Éternelle. La meilleure armée du continent, invaincue depuis sa création, il y avait de cela près d'un millénaire.

Arrivé en vue du village, dépités, ils n'avaient trouvé aucune trace de l'armée Keltane. Seul restait visible les villageois et leur faible garnison. Ils avaient néanmoins ordre de leur faire quitter la Cité... Cet élément déclencha ce qui fut la pire ignominie qu'ait jamais commis la Légion. Pleins de haine et de fureur pour ce qui était arrivé à leurs compatriotes, ils déferlèrent sur la ville toutes armes dégainées...

Ce fut le début du carnage.

Ils s'étaient rués sur les villageois sans défense avec hargne et un plaisir non dissimulé. L'esprit empli de ranc½ur, ils voulurent venger les anciens habitants pour ce qu'ils avaient subi. Mais voilà, en voulant les venger, ils avaient reproduit les mêmes horreurs qu'ils reprochaient à l'armée Keltane... Même le Maréchal s'était laissé submerger par cette folie douce et enivrante. Il fut aussi le premier à prendre conscience de ce qu'ils faisaient et à faire cesser le carnage, mais trop tard. La plupart des habitants avaient déjà étés tués...

Il avait honte de l'avouer. Il se souvenait avec précision avoir pris plaisir à tuer tous ces innocents. Il avait eu l'impression de tenir là sa vengeance. Lui aussi avait souffert de leurs assauts. Enfant, on avait attaqué sa ville, tuant tout le monde. Il n'avait que huit ans et était le seul survivant... Il avait fait parti de ceux qui avaient eu le plus de mal à s'arrêter. Quand la haine qui l'aveuglait avait disparu, il avait réalisé la monstruosité de ses actes. Dans sa soif de vengeance, il avait reproduit les atrocités qu'il reprochait aux Keltans. Il ne valait pas mieux qu'eux. Ébranlé par cet épisode tragique, il avait par la suite demandé à ne plus aller au front. Du moins pendant un temps...

Cela faisait maintenant un an qu'il était affecté à l'arrière-garde. Sa mission était devenue excessivement simple. Surveiller qu'il n'y ait pas d'intrusions en profondeur des Keltans. C'était exactement ce qu'il lui fallait pour se remettre d'aplomb. Lors de son temps libre, il s'était construit une paisible maison au beau milieu d'une forêt loin de la ville dont les terres lui appartenaient. Il y vivait paisiblement, ne rejoignant le cantonnement que rarement depuis deux mois. Période à laquelle les deux Royaumes avaient signé un armistice temporaire. De quoi laisser aux deux pays le temps de souffler un peu. Mais il ne se faisait pas d'illusions, c'était pour pouvoir mieux recommencer par la suite...

# Posté le mardi 10 janvier 2006 13:12

Modifié le dimanche 09 août 2009 17:57

Chapitre Premier, sixième partie.

Chapitre Premier, sixième partie.
Il essaya vainement de chasser tout ses désagréables souvenirs de son esprit et se leva. Il jeta un coup d'½il à travers l'entrebâillement des volets. Le soleil se levait à peine.

Après avoir ouvert fenêtres et volets, il sortit de sa chambre et se dirigea vers la table qui trônait au milieu de la pièce principale. Il récupéra le torchon renfermant une miche de pain, en coupa un morceau, et prit un peu de confiture avec laquelle il tartina sa tranche. Il dégusta son maigre repas du mieux qu'il put, n'ayant pas très faim après la nuit cauchemardesque qu'il venait une fois de plus de vivre.

Il n'arrivait pas néanmoins à se défaire d'un désagréable sentiment. Cette fois-ci, il avait eu l'impression d'avoir réellement revécu le carnage. Il avait ressenti la même joie éprouvée en tuant les Keltans. Á ce souvenir, il eut un haut-le-c½ur. Comment avait-il pu prendre autant de plaisir à tuer des innocents ?

Il avait apprit avec le temps que le fait de refaire le même cauchemar plusieurs nuits d'affilées était une mise en garde. Quelque chose allait arriver. Le fait que le cauchemar lui paraisse si réel devait l'avertir que cela aurait bientôt lieu. Le jour même peut-être ? Il n'était sûr de rien.

Pourtant, avant l'attaque du village, il avait rêvé plusieurs jours d'affilés à une multitude de morts. Des Keltans pour la plupart. Ignorant ce que cela signifiait à l'époque, il avait simplement pensé qu'il s'agissait du désir de vengeance qu'il éprouvait envers les Elfes Noir qui refaisait surface. Il n'avait compris qu'après le massacre qu'il s'agissait en réalité d'une mise en garde.

Mi-intrigué, mi-inquiet, il se demandait ce que cela pouvait bien signifier à présent. Il doutait avoir à faire à l'armée Keltane dans la journée à venir, ni même à aucun Elfe Noir...

Une fois qu'il eut terminé de manger, il décida d'aller se changer les idées. Il sortit et s'engagea derrière sa maison et prit un petit sentier à peine visible si on ne le connaissait pas. Quelques rayons de soleil passaient à travers la cime des arbres, éclairant les sous-bois par endroit, procurant un aspect irréel et enchanteur sous la multitude de couleurs différentes des diverses variétés de plantes, fleurs, bruyères et autres lichens. Une légère brise matinale rafraichissait agréablement l'air et propageait les senteurs suaves et délicates de la forêt.

Il lui suffit de quelques minutes de marche pour atteindre une clairière révélant un lac paisible. Il s'en approcha et contempla le paysage qui s'offrait à lui. Il régnait ici, en plein c½ur de la forêt, un silence apaisant, où seul les chants d'oiseaux et le bruissement des feuilles soulevées par la brise se faisaient entendre avec douceur.

Il s'immergea longuement dans cette ambiance sereine et reposante avant de se déshabiller et d'entrer progressivement dans l'eau fraîche. Une fois qu'il eut de l'eau jusqu'aux épaules, il réussit lentement à se détendre après avoir fermé les yeux. Toutes les images d'horreur qui avaient peuplées son sommeil s'effacèrent de son esprit.

Á la place, l'image de ses parents lui revint en mémoire. Il revit avec émotion sa mère, une magnifique Elfe au tempérament implacable lorsqu'il s'agissait de prendre une décision ou de protéger sa progéniture. Son sourire et son regard aux pupilles bleues azur avaient toujours réussi à le réconforter lorsqu'il avait peur. Son père, lui, était un Homme fier et brave qui avait sacrifié la plupart de son temps à aider les autres. Il était donc de par ses parents, mi-elfe, mi-homme. Il avait ainsi hérité des caractéristiques des deux Races. Grâce à sa mère, il était légèrement plus grand qu'un Humain moyen. Ses réflexes, ainsi que ses cinq sens étaient également plus développés. De son père, il avait hérité ses cheveux bruns, une forte carrure et des traits plus marqués que ceux d'un Elfe. Il devait même se raser. Personne n'aurait pu deviner qu'il avait du sang Elfique dans ses veines. Pourtant, s'agissait-il de ses ascendances ? Mais les jeunes femmes semblaient le trouver séduisant.

Les yeux toujours fermés, il entendit des pas furtifs se rapprocher des berges du lac. Un sourire se dessina sur ses lèvres et n'esquissa aucun geste. Quand les pas cessèrent, il regarda dans la direction d'où était venu le bruit. Un magnifique loup au pelage gris-blanc, tranquillement assis l'observait de son regard argenté. De toute évidence l'animal revenait de chasse, son pelage constellé de tâches rouge en était la preuve évidente.

- Kriar, tu ferais mieux de venir prendre un bain. Tu es affreux comme ça ! Je pensais que tu mangeais plus proprement lorsque tu partais chasser.

Il referma les yeux et entendit la voix de Kriar résonner dans sa tête. Elle était grave et calme. Elle aurait pu paraître impressionnante si elle n'était pas emplie de chaleur. Lui seul pouvait l'entendre et le comprendre, sauf si lui ou le loup décidaient du contraire.

- Je préfère rester là. Elle me semble plutôt fraîche.
- Tu ne sais pas ce que tu loupes mon vieux. Elle est excellente ! Rien de mieux pour se revigorer et faire passer une nuit difficile tout en chassant les mauvais souvenirs.
- Cette fois-ci le cauchemar se concrétise, articula le loup avec mécontentement, tu ferais mieux de rester sur tes gardes aujourd'hui.

Kriar s'allongea et commença à nettoyer son pelage consciencieusement.

Quant à lui, il se sentait mieux. Pour la première fois depuis une semaine, il se sentait serein. Pensif, il relâcha légèrement son emprise sur son pouvoir et fit en sorte d'améliorer son ouïe. Les yeux toujours fermés, il put entendre avec plus de précision les bruits discrets de la nature. Il s'apaisa définitivement. Il avait l'impression agréable d'être aux côtés des oiseaux mâles qui chantonnaient pour courtiser leurs dulcinées. Bercé par ses chants, il ne rouvrit les yeux qu'après un long moment de détente. Il renferma alors son pouvoir et fit deux longueurs du lac pour terminer de se détendre définitivement avant de rentrer chez lui.

Kriar, qui avait fini de se nettoyer, le suivit. Il gambadait joyeusement à ses côté, ravi de le voir aussi calme et serein. Pour peu, il aurait pu penser qu'il n'y avait aucun problème en perspective.

Arrivé à la maison, il remarqua que son maître était parti seller son destrier.

- Est-il vraiment raisonnable de partir en ville alors que tu es presque sûr qu'il va s'y passer quelque chose de désagréable ? Tes rêves ne t'ont-ils pas assez prévenu ?

Son maître marqua une pause, pensif.

- J'avais déjà prévu d'y aller, il faut que je refasse des provisions et j'aimerai avoir quelques nouvelles fraîches du Royaume. Et puis si cela se passe en ville, je ne peux décemment pas ne pas y aller. Des vies pourraient être en danger... conclu-il en disparaissant dans la maison.

Kriar grogna. Il n'aimait pas cette idée, mais il ne pouvait rien faire. Il fut néanmoins rassuré lorsqu'il vit son maître réapparaître vêtu de son uniforme de la Légion. Au moins il n'irait pas désarmé...

Avec appréhension, Kriar l'accompagna.

# Posté le mardi 10 janvier 2006 13:15

Modifié le dimanche 09 août 2009 17:58

Chapitre Deux, première partie.

Chapitre Deux, première partie.
CHAPITRE 2 – ¼il pour ½il...






Confortablement installé au fond d'une taverne de taille respectable, il terminait son repas tout en écoutant les conversations alentour. C'était le meilleur moyen de connaître la situation du Royaume sans pour autant être obligé de prendre part soi-même à la discussion. Les nouvelles étaient excellentes. D'après le charpentier qui semblait parfaitement bien informé grâce à son travail à la caserne, qui discutait avec le forgeron et le cordonnier, les Keltans avaient signés un nouvel armistice, rallongeant de trois mois le premier. Il devait néanmoins se méfier de ses nouvelles réjouissantes. Les rumeurs allaient bon train en ville, il fallait savoir démêler le vrai du faux. Même si cette source semblait sûre, il ne pouvait pas écarter que le charpentier ait mal perçu les informations initiales.

Ayant entendu tout ce qui l'intéressait, il intercepta la serveuse lorsqu'elle passa et lui demanda une nouvelle pinte de bière.

Elle prit sa commande et s'éloigna rapidement. Cet homme ne lui disait rien qui vaille. Elle n'arrivait même pas à discerner son visage qu'il maintenait caché sous la capuche de sa cape. Ce qui l'effrayait le plus, c'était le loup qui l'accompagnait. Elle avait peur qu'il ne lui saute dessus. Elle avait l'habitude de voir des animaux d'ordinaire sauvages accompagner les Sorciers, mais il ne ressemblait en aucun cas à l'un d'entre eux. Tous se méfiaient de lui et de son animal. Ils étaient rarement vus en ville. De sombres rumeurs circulaient à leur sujet. L'homme aurait – parait-il – tué une étrange créature rôdant autour de la ville. Le loup, quant à lui, mangerait un enfant égaré de temps à autre... Personne n'avait de preuves. Pourtant, tous étaient unanimes sur un point. Le loup était une bête curieuse qui donnait la mauvaise impression de comprendre tout ce que l'on disait et regardait droit dans les yeux tous ceux qui osaient parler de lui en sa présence...

Kriar était irrité de toutes ces rumeurs à son sujet. Il ne pouvait accepter que son honneur soit bafoué par des villageois superstitieux et stupides. Mais il savait que son maître en était ravi. Ainsi, on le laissait tranquille, tous ayant trop peur de lui adresser la parole.

La serveuse revint avec sa pinte de bière le regard baissé, de peur de croiser son regard. Il la remercia à peine et la paya. Elle partit d'un pas pressé, de peur qu'il ne lui demande autre chose.

Il avait entamé sa bière quand un homme entra dans la taverne en trombe, réveillant Kriar. Le visage recouvert de sueur et ses habits recouverts de poussière, il se dirigea vers le comptoir où il prit un siège et reprit longuement sa respiration, visiblement ravi d'être enfin arrivé. Après s'être un peu calmé, il commanda une pinte puis se retourna vers la salle silencieuse depuis son arrivée. L'air victorieux, un large sourire sur son visage barbu, il savoura d'avance ce qu'il allait annoncer :

- Mes amis ! Vous n'allez jamais le croire ! assura-t-il d'une voix puissante et extatique devant une assistance aux aguets. Grâce à notre Sénéchal toujours au courant de ce qu'il se passe sur ses terres, nous avons chassé puis capturé un Keltan, ou plus exactement UNE Keltane !

Á cette annonce, un sourire lubrique s'afficha sur son visage et captiva grandement l'assemblée en grande partie masculine.

- Le Sénéchal, conscient que punir la fautive seule aurait fait montre d'un manque de tact, a décidé de la ramener ici pour que nous puissions la châtier comme il se doit et lui faire payer pour tout ce que l'on endure depuis tant d'années !

Un cri d'approbation retentit dans la taverne, tous ravi de l'initiative de leur Sénéchal.

- Rendez-vous donc sur la place du village d'ici une heure ou deux.

Un sourire espiègle s'afficha sur le visage de l'homme.

- Mais si vous désirez avoir les meilleures places, je vous conseille grandement de ne pas traîner ! termina-t-il avec éloquence.

Il but sa bière d'un seul trait puis ressortit, suivi de presque toute l'assemblée qui se dirigea vers la place du village dans une discussion animée. Le tavernier lui-même sortit, laissant à sa femme le soin de s'occuper des rares clients encore installés.

- J'ai bien peur que les ennuis ne soient arrivés, grogna Kriar.
- En effet...

La serveuse observa l'homme à la capuche noir boire lentement sa pinte, avant de se lever et partir lui aussi vers la place. Elle ne put s'empêcher de frissonner lorsque le loup lui jeta un regard avant de sortir.

Une fois à l'extérieur, il s'assura discrètement que son épée glissait bien dans son fourreau. Il redoutait de savoir exactement ce que signifiait : « pour que nous puissions la châtier comme il se doit et lui faire payer pour tout ce que l'on endure. » Il ne s'agissait pas simplement de l'humilier. Jusqu'où seraient-ils capable d'aller ? Même lui l'ignorait.

Arrivé sur la grande place tel une ombre au milieu d'une foule survoltée, il remarqua au centre plusieurs charpentiers en train de monter l'estrade habituellement réservée pour les fêtes avec une vivacité qu'ils n'avaient pas en temps ordinaire...

Il ne leur fallut pas plus d'une heure pour terminer l'assemblage. Pendant ce temps, de nombreux badauds alertés par l'attroupement s'étaient à leur tour joints aux festivités. La rumeur ne tarda pas à affirmer que la Keltane était déjà arrivée et qu'elle patientait dans les geôles du village. Quand les préparatifs furent terminés, un homme du Sénéchal se dépêcha de l'avertir.

Lui était resté en retrait de la foule pour ne pas se faire remarquer, Kriar à ses côtés. Ses yeux, plus perçant qu'un Humain, lui permettait de voir ce qui se passait sur l'estrade comme s'il y était. Adossé contre les murs d'une maison en bordure de la rue principale, personne n'osait l'approcher lui et son loup.

La foule se fit silencieuse tandis que le bruit de cavaliers se fit entendre. Il se retourna vers la rue principale et vit arriver une dizaine d'hommes, épée à la main l'air menaçant. Ils entouraient leur victime, non pas pour la protéger, mais pour prévenir toute tentative de fuite. Les mains attachées, reliées par une corde à un homme qu'il reconnut comme le Sénéchal, elle tentait de suivre la cadence étant la seule de la petite troupe à être à pied. Par amusement peut-être, le Sénéchal tirait régulièrement d'un coup sec sur la corde, l'obligeant à courir pour ne pas tomber.

Quant ils pénétrèrent sur la grande place, ils firent écarter la foule compacte et ralentirent la cadence afin de permettre à tous de bien observer leur prise. Le silence qui régnait depuis l'apparition de la Keltane prit brusquement fin lorsque des insultes émergèrent de la populace. Il ne fallut pas longtemps pour que tous hurlent leur haine.

Tout comme son maître, Kriar remarqua que les insultes semblaient ne lui faire aucun effet, elle semblait ne pas y prêter attention, comme perdue dans ses pensées. Elle portait une fine cotte de mailles Elfique avec par-dessus un plastron en cuir rouge renforcé de fer finement ouvragé. Hormis des épaulières et des gants rouge eux aussi, ses bras étaient nus de toutes pièces d'armure afin de ne pas gêner ses mouvements lorsqu'elle devait se battre. Dans son dos était accrochés deux fourreaux vide de leurs sabres, mais Kriar remarqua que le Sénéchal les arboraient fièrement glissées dans sa ceinture.

Le fait le plus étrange qui marqua son maître était la stature de la Keltane. Sa façon de se tenir ne ressemblait en rien à celle des « petites gens » et cela même après avoir été vraisemblablement battue. Elle semblait venir de la haute société. Cela déplut énormément à la foule qui ne la trouva que plus hautaine. Plusieurs d'entre eux parvinrent à la frapper malgré la protection des cavaliers. Non pas qu'ils veuillent la protéger - c'était loin d'être le cas – mais parce qu'elle devait subir le juste châtiment que le Sénéchal lui avait préparé...

# Posté le mardi 10 janvier 2006 13:35

Modifié le dimanche 09 août 2009 18:00

Chapitre Deux, deuxième partie.

Chapitre Deux, deuxième partie.
Arrivés à destination, la Keltane fut trainée sans ménagement sur l'estrade. La foule surexcitée criait sa joie, se réjouissant à l'avance de ce qui allait suivre. Un homme au premier rang, le visage rougi par la colère et la haine lui lança une pince en fer au visage. La Keltane qui n'avait jusque là pas réagi l'évita néanmoins avec une facilité qui enragea d'autant plus les badauds.

Les hommes du Sénéchal se placèrent autour de l'estrade pour dissuader la foule de trop approcher tandis que lui levait les mains pour faire taire tout le monde.

- Mes amis ! Mes amis ! Veuillez cessez de la frapper ! Il ne faut pas agir ainsi entre gens civilisés... Le Sénéchal laissa trainer un silence, fier de voir les regards ébahis de la foule. Comment voulez-vous sinon que l'on puisse lui faire payer pour toutes les abominations dont elle est responsable ? Veuillez me croire. L'humble serviteur que je suis s'y connait en matière de punition. Laissez-moi faire, et je vous promets que vous ne serez pas déçus. Elle va payer pour tout ce que nous endurons depuis tant d'année ! Certains d'entre vous pourront même participer...

Le public applaudit et hurla son approbation. Le Sénéchal savourait pleinement cet instant. SON instant de gloire. Il ne devait pas les décevoir. Tous paraissaient joyeux, sauf un homme, au fond, qui ne semblait pas prendre part aux festivités. Mais qu'est-ce qu'un homme parmi une foule d'autre ? Il n'y fit plus attention.

Il se retourna et contempla sa proie. Lors de sa capture, il n'avait eu de cesse de frapper son visage de toutes ses forces pour effacer cette beauté tentatrice dont ils usaient pour faire perdre leurs moyens aux Hommes. Malgré le désir qui l'avait envahi, il n'avait pas voulu se corrompre avec cette créature. Et sa frustration ne faisait qu'augmenter sa rage.

- Enlevez-lui son armure infâme ! rugit-il au comble de la colère.

Deux de ses hommes s'acharnèrent à lui retirer sans ménagement son plastron, luttant contre les nombreuses sangles qui le maintenait en place. La Keltane sembla résolue à se laisser faire, n'ayant pas d'autre choix. Son regard ne cessait cependant pas d'être en mouvement. Une fois le plastron à terre, ils lui retirèrent sa cotte de maille, lui arrachant du même faite des mèches de cheveux entières qui s'accrochèrent aux anneaux.

Le silence fit place au premier rang dans de la foule subjugué. Le Sénéchal eut du mal à déglutir. Sous sa cotte de maille, la Keltane était simplement vêtue d'une chemise blanche sans manche, recouvert d'un corset de cuir, moulant avantageusement son corps et soulignant sa poitrine.

En réaction à cette vision, le Sénéchal lui projeta son poing sur le visage de toutes ses forces pour évacuer ce qu'il ne pouvait contrôler. Sous l'impact, la Keltane recula et sa lèvre inférieure éclata, laissant un mince filet de sang couler sur son menton. La foule réagit aussitôt en acclamant le Sénéchal.

- Voyez-vous comme ces Keltanes sont dangereuses ? Usant de maléfices, elles se rendent désirables à nos yeux et nous ensorcèlent pour nous faire succomber. Je vous préviens mes frères, ne succombez pas à leurs charmes ! Sinon vous serez perdus pour toujours.

La mise en garde du Sénéchal doucha temporairement la joie de la foule. Comprenant que son instant de gloire ne devait pas être gâché par ce détail, il se reprit :

- Mais cessons de parler de malheur, et réglons son compte à cette ensorceleuse afin qu'elle ne puisse plus jamais faire de mal !

Revigorés, tous hurlèrent leur approbation.

Le Sénéchal s'empara de la dague attachée à se ceinture et attrapa les cheveux de la Keltane qu'il rassembla en tirant dessus sans ménagement. Obligeant sa victime à se tourner, il leva fièrement sa dague sous les cris d'encouragement puis coupa les cheveux avec acharnement et violence. La Keltane le visage fermé ne broncha pas.

Une fois son travail terminé, il montra le résultat avec fierté. D'un geste ample, il lança les longs cheveux noirs à la foule. Tous tentèrent d'en récupérer quelques mèches en souvenirs...

Maintenant qu'il l'avait humilié, il voulait sans tarder passer à la suite.

- Il est grand temps de passer aux choses sérieuses ! déclara-t-il sous les encouragements de plus en plus nombreux.

Il retira le corset de la jeune femme avec précipitation avant de le jeter plus loin et de se placer derrière elle. Sa dague de nouveau en main, il découpa l'arrière de la chemise. Surprise par ce geste, la Keltane serra ses bras contre sa poitrine pour maintenir son vêtement en place. Sans y prêter attention, le Sénéchal tout à son travail, la fit agenouiller avant de tendre la main. Un de ses hommes comprit le message et récupéra dans un sac rempli d'accessoires qu'il avait apporté avec lui un solide fouet aux lanières de cuirs incrustées de petites pointes en fer, semblable à des clous.

Une fois l'instrument en main, le Sénéchal le releva au dessus de sa tête pour que tous puissent le voir.

- Écoutons si cette chienne sait supplier !

Il se plaça derrière la Keltane, légèrement décalé par rapport à elle. Il arma son bras, le souffle court, excité par ce qu'il allait faire. D'un mouvement sec, il relâcha son bras et envoya les lanières du fouet contre le dos de la Keltane. Bien qu'elle bascula légèrement en avant sous le coup et que son visage se marqua sous la douleur, aucun son ne franchit ses lèvres. Enragé, le Sénéchal recommença aussitôt son geste et n'eut toujours pas l'effet escompté.

Excédé, il réitéra encore et encore ses coups de fouets et n'entendit toujours pas les cris espérés. Le dos de la Keltane était en charpie, recouvert sang, marqué de dizaines d'entailles profondes qu'avaient causé les pointes de fer en plus des traces du cuir.

Honteux de n'avoir pu la faire hurler pour l'humilier un peu plus, il décida de passer à autre chose.

- Très bien. Je vous ais promis que certains d'entre vous pourraient participer, et je tiens toujours parole !

Le Sénéchal laissa planer un nouveau silence pour faire monter l'excitation de son public à cette annonce, tout en laissant le temps à ses hommes d'installer le matériel qu'ils avaient préparé.

- Que ceux d'entre vous qui désirent avoir le plaisir de briser un bras de la Keltane lèvent le bras !

Des cris surexcités accompagnèrent cette annonce et une multitude de bras se levèrent. Le Sénéchal fut agréablement surpris de voir qu'autant les femmes que les hommes désiraient participer. Pendant que ses hommes tiraient la Keltane vers le billot qu'ils avaient installé, il sélectionna son candidat qui n'était autre que l'homme qui avait lancé la pince en fer.

- Toi, viens ici !

L'heureux gagnant laissa exploser sa joie et se précipita sur l'estrade en levant le poing au dessus de lui en signe de victoire. Son visage rougi était profondément marqué par une large cicatrice partant de la tempe jusqu'au menton. Le Sénéchal l'attira à ses côtés et posa une main bienveillante sur son épaule.

- Mon cher ami, comment t'appelles-tu ?
- Ilaor, monsieur.
- Et es-tu prêt à accomplir ce pour quoi tu es là ?
- Tout à fait ! Je n'attends que ça ! s'écria l'homme avec conviction.
- Alors c'est parti ! s'écria le Sénéchal qui n'aimait pas perdre son temps en palabre.

La Keltane avait été agenouillée de force face au billot tandis qu'elle retenait du mieux qu'elle le pouvait ses habits déchirés contre son corps. Un homme du Sénéchal lui tira cependant les bras de force et trancha les liens avant de prendre son bras gauche et d'y déposer le coup au centre du billot.

Pour la première fois, de l'inquiétude sembla voiler le regard de l'Elfe Noire alors que le Sénéchal tendait un maillet de bois à l'heureux sélectionné qui s'approchait de sa future victime avec une joie perverse.

- Alors sale trainée, prête à m'implorer ? Prête à hurler pour moi ?

Contre toute attente, un rire s'échappa de l'Elfe Noire.

- C'est le seul moyen que tu ais trouvé pour faire hurler une femme ? Ou peut-être même en approcher une qui sait ?

Fou de rage, il demanda à ce qu'on la maintienne en place. Tandis qu'un homme du Sénéchal l'empêchait de se retirer en la maintenant par les épaules, un autre la força à tendre le bras dans le vide, son coude toujours appuyé sur le billot.

Relevant son maillet, il enragea de voir le regard de la femme le fixer avec indifférence. Il nota néanmoins que ses mâchoires s'étaient crispées. De toutes ses forces, il abaissa le maillet qui heurta l'avant-bras de sa victime. Dans un bruit éc½urant, le coude se retourna dans le mauvais sens. Malgré elle, la Keltane ne put retenir un cri sous la douleur fulgurante qui la submergea et quelques larmes s'écoulèrent sur son visage toujours impassible, en apparence...

La foule cria son ravissement à cette vision, tous espéraient avoir la chance de pouvoir participer à leur tour et ressentir la même joie que celle qui semblait envahir l'homme sélectionné.

Ravi de ce qu'il voyait et entendait, enivré par se sentiment de puissance, il frappa une seconde fois. L'os du coude transperça la peau sous un nouveau cri de la Keltane. Il s'apprêtait à frapper de nouveau lorsque le Sénéchal l'interrompit sous les huées des spectateurs.

- Cela suffit ! Il faut en laisser un peu aux autres. Retournez parmi la foule.

Déçu, il rendit le maillet, mais avant de partir, il ne put s'empêcher de s'abaisser prêt des oreilles de sa victimes.

- J'ai adoré t'entendre hurler pour moi...

Avant qu'il ne puisse s'écarter, l'Elfe Noire lui cracha au visage avec dédain. Enragé, il fut raccompagné dans la foule sans ménagement avant qu'il ne puisse la frapper.

Le Sénéchal enfin débarrassé, refit face à la foule.

- Eh bien voilà qui ne manquait pas d'énergie ! Mais je le rappelle, le but est de la faire souffrir, pas de la tuer tout de suite, dit-il avec sérieux. Sachant cela, y-a-t-il un autre volontaire pour s'occuper de son deuxième bras encore valide ?

De nouveau, tous s'évertuèrent à attirer l'attention du Sénéchal...

# Posté le mardi 10 janvier 2006 13:42

Modifié le dimanche 09 août 2009 18:02

Chapitre Deux, troisième partie.

Chapitre Deux, troisième partie.
Toujours adossé à la maison, il observait le spectacle pitoyable qui s'offrait à lui. Il n'en revenait pas. Comment ces hommes, et même ces femmes, pouvaient-ils cautionner ces actes, et même vouloir en prendre part ? Il savait que la haine pouvait revêtir plusieurs apparences, mais celle-ci était de loin la pire à laquelle il ait eu à faire. Il se devait d'agir, d'autant plus que les hurlements de la Keltane lui avaient remis les images du massacre en tête... Longtemps il avait pensé les Keltans comme étant les pires monstres qui existaient. Force était de constater que ses compatriotes les suivaient de près. Les Keltans aussi horribles soient-ils, n'avaient qu'il sache, jamais torturés leurs victimes...

Á une exception près...

Il reporta son attention sur la Keltane. Le visage blafard, elle profitait de son léger répit pour tenter de se maintenir de sorte que son bras ne bouge plus et lui évite ainsi de nouvelles douleurs. Les larmes s'écoulaient toujours sur son visage, sans qu'elle ne montre pourtant le moindre signe de faiblesse. S'il s'était décidé à temps, il aurait pu lui éviter pareil tourment.

Une question depuis qu'elle était apparue le hantait. Que faisait-elle en plein territoire ennemi ? Elle n'avait pu s'égarer, les lignes Keltanes étant à plus de quarante lieues au Nord. De plus, vêtue comme elle l'avait été, il était évident qu'elle n'avait pas cherchée à se faire discrète. Il savait par expérience que si un Elfe Noir désirait passer inaperçu, il pouvait sans conteste passer à quelques toises de quelqu'un sans se faire repérer... Elle n'était donc pas venue pour espionner ou assassiner quelqu'un. L'idée que sa venue soit tout à fait officielle lui fit froid dans le dos au vu des conséquences qui en résulterait...

Pendant ce temps, le Sénéchal sondait la foule avec soin, cherchant qui serait à même de provoquer le délire de la foule. Son regard s'arrêta alors sur l'homme à la cape. Des ragots lui revinrent à l'esprit le concernant et il se rappela de qui il s'agissait. Il comprit alors que ce qu'il avait pris pour un chien à ses côtés n'en était pas un...

Il jubila. Il avait trouvé de quoi animer un peu plus son spectacle.

- J'ai trouvé ! (La foule qui commençait à s'impatienter se figea.) Quoi de mieux pour punir cette erreur de la nature qu'une personne craint de tous ? (La foule s'étonna et chercha à comprendre.) Vous là-bas ! L'homme qui, dit-on, a tué le monstre créé par les Keltans pour nous terroriser. Approchez ! Venez nous montrer ce dont vous êtes capable !

Quand le Sénéchal s'adressa à lui, il ne réagit pas tout de suite. Il savoura cet heureux hasard autant que sa colère atteignait son paroxysme. Il n'avait jamais apprécié cet homme. Il le savait avare de compliments et cherchait toujours le moyen de se faire admirer et encenser. Avec la Keltane, il pensait sûrement avoir atteint le summum de la gloire. Le voir profiter de la douleur qu'il provoquait termina de sceller son sort...

Avec lenteur, il amorça son approche. Kriar passa devant lui, prudent.

La foule s'écarta avec vivacité à leur approche, horrifiée à l'idée qu'il puisse s'en prendre à eux.

Sur l'estrade, il constata que le Sénéchal semblait regretter son choix mais ne se résignait pas à le renvoyer par peur de passer pour un couard. Arrivé devant l'estrade, les deux hommes qui en protégeaient l'accès les laissèrent passer avec crainte.

La place qui quelques instants plus tôt était emplie de cris de haine et de fête se faisait à présent silencieuse, chacun redoutant ce que cet inconnu était capable de faire. Une fois sur l'estrade, il put constater les regards haineux qui continuaient de se poser sur la Keltane, et parfois même, certains plus timides sur lui. D'autres encore l'enviaient d'avoir été choisi.

Après un moment de battement, le Sénéchal s'approcha, gardant toutefois une distance raisonnable avec le loup.

- Bienvenue parmi nous ! commença-t-il hésitant. Abaisse donc ta capuche. Que l'on puisse voir le visage de l'homme qui va poursuivre les festivités !

Un sourire de mauvais augure se dessina sur ses lèvres. Puisque le Sénéchal désirait faire du spectacle, il allait lui en donner. Il ne serait pas déçu...

- Puisque vous me le demandez si poliment... dit-il d'une voix calme et glaciale, se retenant difficilement de laisser exploser sa colère.

Tous ceux qui l'entendirent en frissonnèrent d'effroi.

Il abaissa avec une lenteur calculée sa capuche. Tous tentèrent alors de voir ce qui se cachait également sous la cape. Il la repoussa dans son dos, dévoilant sous les cris de stupeur l'emblème de la Légion sur son surcot d'arme. Le Sénéchal recula sous la surprise, le visage ravagé par l'inquiétude.

La Keltane, qui ne bougeait plus depuis un long moment se redressa pour voir qui était cet inconnu qui parvenait à lui seul à effrayer tous les siens. Son regard rencontra en premier celui du loup qui venait se placer à ses côtés. Elle sursauta. Il semblait la fixer étrangement. Pour peu, elle aurait pensé qu'il y avait dans ses yeux de la compassion...

Quand elle regarda celui qui l'accompagnait, elle ne put retenir un cri d'effroi. Dans sa situation, il s'agissait de la dernière personne qu'elle aurait souhaité voir de sa vie. Elle aurait pu reconnaître cet uniforme entre mille.

L'homme était vêtu d'une longue et solide cotte de mailles qu'un surcot d'arme noir recouvrait. Ce dernier possédait au niveau de la poitrine l'emblème de la Légion Éternelle : un Phoenix couleur pourpre sortant de flammes couleur Or. Sur les manches très courtes de son surcot d'armes, était inscrit son grade. Hormis sa cotte de mailles et son emblème, il était entièrement vêtu de noir. Ses bottes, son pantalon, sa cape, sa ceinture, même les poignées de son épée et de sa dague étaient noires. Le tout lui donnait un air terrifiant.

La Keltane qui pensait vivre son pire cauchemar en fut immédiatement convaincue. Elle était condamnée à connaître les pires atrocités, et elle n'avait pas pu accomplir la mission qui lui avait été confiée. La rage explosa dans sa poitrine. La vie de tout un peuple dépendait d'elle. Il était hors de question que tout se termine ici.

Plus personne ne bougeait, tous trop abasourdis par cette apparition aussi soudaine qu'inattendue. Le Sénéchal fut le premier à se reprendre et à réagir. Il attrapa la Keltane avec ce qui lui restait de cheveux et la jeta aux pieds du Légionnaire. Elle retomba sur son bras toujours plié dans le mauvais sens. Ses cris de douleur résonnèrent sur la place plus silencieuse que jamais.

# Posté le mardi 17 janvier 2006 08:27

Modifié le dimanche 09 août 2009 18:03