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Chapitre Premier, première partie.

Chapitre Premier, première partie.
CHAPITRE PREMIER





Tout débuta dans une petite ville fortifiée, au Nord du Royaume Azurain. C'était une petite ville paisible, où il faisait bon vivre.

Il neigeait depuis une semaine. Le paysage entier était devenu d'un blanc éblouissant. Les habitants pensaient avec soulagement que la guerre contre les Keltans cesserait enfin pendant quelques mois. Quelques mois de répit bien mérité, car bien que la ville n'ait pas été au centre des combats, son économie en avait souffert. Pour cette raison, la trêve hivernale était la bienvenue. Le commerce allait enfin pouvoir reprendre avec les villes plus au Nord. Là où la guerre avait fait rage pendant de longs mois.

Siegfried jouait avec son frère et les fils du forgeron dans la petite cour située entre leurs maisons respectives. Là, où la neige n'avait pas encore été déblayée. Ils avaient décidé de faire une bataille de boules de neige. Un problème de taille se posait cependant : Qui allait être avec qui ? Une question bien difficile à laquelle Siegfried décida de trancher. Il commença par faire une boule de neige en cachette, avant de s'approcher l'air de rien de ses camarades. Lorsqu'il fut assez près, il lança sa boule de neige sur son frère qui la reçut en pleine figure.

Enguerrand le regarda étonné. Il ne s'attendait pas du tout à être attaqué par son propre frère. Il prit lui aussi de la neige entre ses mains, la compressa pour en faire une boule, puis l'envoya sur Siegfried qui l'avait honteusement trahi. Celui-ci réussit à l'éviter de justesse. Alors qu'il se redressait, il reçut deux nouvelles boules de neige : une sur le visage, et l'autre sur le bras.

Enguerrand et les fils du forgeron s'allièrent contre Siegfried en riant. Siegfried résista le plus longtemps possible. Mais ses assaillants étaient trop nombreux. Il finit par être encerclé et poussé sur un monticule de neige où il tomba. Enguerrand s'amusa à le recouvrir de neige alors qu'il essayait vainement de se libérer.

Siegfried réussit cependant à faire tomber Pitt et à se relever. Il lança une boule de neige sur Enguerrand qui s'écarta un peu de leur espace de jeu. Siegfried pensa que son frère voulait enlever la neige qui avait dû s'infiltrer sous son manteau. Il réalisa alors qu'il avait une chance de gagner la partie. Il poussa Pitt sur le monticule, évita une boule de neige envoyée par Fred, et en profita pour lui en renvoyer une qui, elle, ne manqua pas sa cible. Il se prépara alors à achever son dernier adversaire : son frère. Il reprit un peu de neige, se retourna et s'apprêta à la lancer.

Il s'aperçut alors que son frère était comme tétanisé. Les yeux grands ouverts, il tremblait violemment. Inquiet, le c½ur battant la chamade, Siegfried se précipita auprès de lui. Pitt et Fred le suivirent.

Siegfried secoua énergiquement son frère pour essayer de le sortir de sa transe. Les fils du forgeron regardaient incrédules. Ils savaient tous ce que cela signifiait. Ils n'avaient aucune envie d'entendre de mauvaises nouvelles aujourd'hui. Mais Siegfried n'avait pas le choix. Ses parents avaient insisté pour qu'on les prévienne immédiatement lorsque Enguerrand tombait dans cet état de transe. Siegfried savait que cela permettait à son frère de les prévenir d'un danger imminent.

Alors qu'il le secouait toujours afin de le réveiller, il vit le forgeron s'approcher d'eux en jetant des coups d'½ils inquiets à ses fils. Tous ici connaissaient le don étrange d'Enguerrand.

Au bout de quelques secondes, Enguerrand se réveilla en hurlant. Il tenta de s'enfuir, mais le forgeron le rattrapa et essaya de le rassurer. Siegfried ne comprenait pas. Jamais son frère n'avait réagi ainsi. Le forgeron lui aussi était surpris. Siegfried s'approcha de son frère qui se débattait toujours. À l'appel de son nom, il le regarda terrorisé.


Enguerrand respirait fortement. Il n'arrivait pas à se calmer. Il ferma alors les yeux. Sa respiration se fit plus calme. Il réussit alors à articuler péniblement quelques phrases.

- Les Keltans arrivent... Ils sont des milliers... Ils vont nous attaquer et tous nous tuer ! Même nos parents ne pourront rien faire ! Ils seront impuissants face aux Sorciers Keltans et à leur armée...

Tous le regardèrent horrifiés. Personne n'osait rien dire.

Le forgeron, après s'être difficilement calmé, se précipita en direction de la maison de l'Intendant où il espérait trouver le connétable. Les gens qui le croisaient dans les rues le regardaient étonnés. La peur se lisait sur son visage. Il était pourtant de notoriété publique que le forgeron ne s'effrayait pas facilement. L'inquiétude gagna alors peu à peu les villageois. Tous se demandaient ce qui pouvait bien se passer.

Lorsqu'il arriva à la maison de l'Intendant, les soldats en faction l'arrêtèrent. Il leur expliqua alors rapidement la raison de sa venue. Les deux soldats pâlirent. Ils connaissaient bien les Keltans et leur cruauté pour les avoir déjà combattus plusieurs fois. Ils laissèrent passer le forgeron qui reprit sa course effrénée.

Arrivé devant la salle du conseil, il demanda à voir d'urgence le connétable. Ayant une nouvelle fois expliqué ce qui se passait, il entra en toute hâte. Tous ceux qui assistaient à la réunion se retournèrent vers lui, interloqués. Le forgeron n'y fit pas attention, trop préoccupé à chercher le connétable des yeux. Il le trouva aux côtés de l'Intendant. Il s'approcha alors rapidement de lui, et lui expliqua la situation.

Tous le regardèrent comme s'il incarnait la mort en personne. Le connétable était sidéré. Pendant un moment il ne sût quoi faire, mais il se ressaisit rapidement. Il ordonna à un soldat de sonner le tocsin, et à un autre d'envoyer un messager à la garnison la plus proche, afin de demander des renforts au plus vite. Puis il se leva et partit donner divers ordres. Plus personne ne s'occupait du forgeron qui décida de retourner auprès des siens.
# Posté le mardi 29 novembre 2005 14:14
Modifié le mardi 12 juin 2007 09:29

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