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Chapitre Premier, deuxième partie.

Chapitre Premier, deuxième partie.
Lorsque le tocsin retentit, les villageois cessèrent toutes leurs activités, paniqués. Ils se précipitèrent pour mettre leurs proches à l'abri. Les soldats, quand à eux, préparaient activement la défense de la ville.

Le messager quant à lui, partit à vive allure en direction du château de Caerd, afin de demander des renforts. Une demi heure plus tard, l'Intendant, qui savait que tout espoir était vain, s'enfuit, laissant au connétable le soin de tout organiser. Les soldats fermèrent ensuite les portes de la ville et les barricadèrent. Toute la ville se préparait à un assaut qui s'annonçait sans merci.

Cela faisait maintenant cinq ans que les Elfes Noirs, plus communément appelés Keltans, avaient débarqué sur les côtes Nord du Royaume Azurain. Au début, ils pillaient et saccageaient les villages près des côtes seulement pour "s'amuser". Mais au bout de deux ans, ils avaient commencé à envahir le Royaume, massacrant la population Azurienne. Leur but avait radicalement changé. Ils voulaient à présent récupérer les terres que le Royaume Azurain leur avait pris, il y avait de cela plus de deux mille ans, bien avant que l'Orgerac n'attaque le continent. Les Keltans n'avaient jamais autant avancé à l'intérieur des terres. Ce qui expliquait en partie le peu de vigilance qu'il y avait dans la ville.

Le connétable, quand à lui, faisait les cent pas dans la salle du conseil. Une idée n'arrêtait pas de tourner et de retourner dans son esprit. Il n'avait pas assez de soldats. Il avait renvoyé les mercenaires qu'il avait engagés durant l'été. De ce fait, il y avait à peine le tiers de la garnison pour assurer la défense de la ville. Comment aurait-il pu prévoir que les Keltans attaqueraient durant l'hiver ? Aucun chef sensé ne commettrait une telle folie. Mais voilà, il devait bien l'avouer, c'était ce qui se passait et c'était magnifiquement orchestré. La neige allait ralentir les renforts. Ils avaient certainement prévu que la garnison serait quasi inexistante. Le connétable savait bien, au fond de lui, que la bataille était perdue d'avance. Il pourrait, s'il le voulait, faire comme l'Intendant. Partir au loin pour éviter le carnage. Mais il était de son devoir de défendre la ville et ses habitants. Ça au moins, il essaierait de le faire convenablement... Il décida alors de recruter toutes personnes en âge de combattre et de leur donner des armes. Ils pourraient ainsi se battre aux côtés de la garnison. Et peut-être, si la chance était de leur côté, gagner la bataille...

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Erwan était parti depuis moins d'une heure. Il galopait rapidement en direction de Caerd. Il avait déjà accompli une grande partie du chemin. Il était presque arrivé au pont de l'Algir. Après cela, il n'aurait plus qu'à parcourir trois lieux et il serait enfin arrivé. Mais alors qu'il allait franchir le pont, il reçut un puissant coup à la tête qui le désarçonna. Il tomba violemment sur le sol, tête la première et perdit connaissance.

Lorsqu'il reprit conscience, la tête lui tournait. Il eut du mal à ouvrir les yeux, ses paupières étant engluées de sang. Il essaya de se redresser, en vain. Il n'arrivait plus à bouger. Il se rendit alors compte affolé qu'il était ligoté. Il comprit que les Keltans l'avaient capturé.

La panique s'empara de lui. Qu'allait-il lui arriver ? Comment allait-il faire pour prévenir la garnison de Caerd de l'attaque de sa ville ? Il regarda autour de lui terrifié.

Au début, il ne vit ni n'entendit rien à part le fleuve. Mais en tendant l'oreille, il discerna des bruits étouffés derrière lui. Lorsqu'il se retourna difficilement, il aperçut un deuxième homme à ses côtés. Lui aussi était attaché et bâillonné. Il crut d'abord délirer en reconnaissant l'Intendant, pourtant, il dut admettre que c'était bien lui qui se démenait, terrorisé afin de se libérer de ses liens. Il se demanda comment il avait bien pu arriver ici.

Il était toujours près du pont, il n'avait pas bougé, c'était insensé. A moins que l'Intendant n'ai tenté de fuir...

Il en était là de ses réflexions, lorsqu'il entendit du bruit derrière lui. Il se retourna apeuré et découvrit un éclaireur Keltan approcher, une dague à la main. Il commença à se débattre et à essayer d'enlever ses liens en toute hâte, alors que les cris étouffés de l'Intendant s'amplifièrent dans son dos. L'éclaireur amusé, se baissa et coupa les liens d'Erwan. Ce dernier le regarda incrédule.

- Toi, tu vas avoir la chance de repartir. Tu peux prévenir la garnison de Caerd, cela ne changera rien, nous serons déjà loin quand vous arriverez. (Le Keltan se redressa et s'approcha de l'Intendant.) Par contre, votre Intendant, lui, nous le gardons ! Nous allons bien nous amuser...

Le Keltan eut un large sourire en voyant le visage terrorisé de l'Intendant. Erwan n'y fit pas attention. Il se redressa lentement, le corps douloureux après sa chute. Une fois debout, il chancela et dut se soutenir à un arbre. Il réussit à reprendre légèrement ses esprits et il se dirigea lentement vers son cheval attaché non loin de là.

Après plusieurs échecs, il arriva à se hisser dessus. Puis, sans se soucier de l'Intendant, il reprit le chemin de Caerd. Il croisa un deuxième éclaireur Keltan qui lui fit un grand sourire. La dernière vision qu'il eut, fut celle du Keltan et de son équipier qui se penchant au dessus de l'Intendant, la dague toujours à la main...

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Pendant ce temps, Siegfried attendait ses parents. Son frère était assis et buvait une tisane concoctée par Iriana, la femme du forgeron. Elle était à ses côtés et essayait de le réconforter, lui assurant que grâce à ses informations, le village allait pouvoir être sauvé. Enguerrand l'écoutait et espérait qu'elle avait raison. Après tout, ses visions lui avaient permis plus d'une fois d'éviter des catastrophes. Comme la fois où Pitt avait failli être écrasé par un chariot.

Il se sentit mieux et remercia Iriana. Elle décida alors de retourner chez elle pour rassurer ses fils. Elle était contente d'avoir réussit à le calmer, bien qu'elle fut persuadée que cette fois-ci, rien ne pourrait changer le cour du destin...

Peu après, Siegfried vit ses parents approcher rapidement de la maison. Meleriand, son père, entra précipitamment et s'approcha d'eux avec Evilia. Ils posèrent plusieurs questions à Enguerrand qui s'efforça d'y répondre du mieux qu'il put. Ensuite, Evilia les prit dans ses bras et les serra très fort. Puis ce fut au tour de Meleriand.

Dix minutes plus tard, le tocsin retentit de nouveau dans l'enceinte de la ville, prévenant ainsi que les troupes ennemies étaient en vue. Meleriand leur ordonna de ne sortir de la maison sous aucun prétexte. Evilia les prit de nouveau dans ses bras et les embrassa. Elle sortit les larmes aux yeux, suivie de Meleriand.

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Pendant deux longues heures, il ne se passa plus rien. Seuls les soldats patrouillaient dans les rues, se préparant à l'assaut qui n'allait plus tarder.

Le forgeron venait de mettre une cotte de mailles et un casque. Il avait également pris une hache. Il grimpa sur les remparts, et aperçut l'armée Keltane qui se positionnait face à la ville, les encerclant.
# Posté le mardi 29 novembre 2005 14:21
Modifié le lundi 30 avril 2007 20:55

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