Enfin bref, je ne vous retiens pas plus, bonne lecture ^_^
Enoris se réveilla avec un mal de tête carabiné. Il n'aurait jamais dû boire autant la veille, mais cela avait été si tentant, il n'avait jamais essayé. À présent, il regrettait amèrement d'avoir écouté Aldaran. Il poussa son camarade avachi sur lui et se redressa.
Une fois debout, il stoppa net tout mouvement. En plus d'avoir la tête qui lui tournait, il sentait une drôle de sensation dans son ventre. Son esprit fonctionnant au ralentit, il comprit presque trop tard ce qui lui arrivait.
Il attrapa en catastrophe le seau qui trainait à ses côtés et plongea sa tête à l'intérieur pour vomir son maigre repas de la veille.
En ressortant sa tête, il se sentait un peu moins barbouillé, mais un détail le frappa subitement. Des rayons de soleil filtraient à travers les volets. Il faisait jour.
Paniqué, il se jeta sur Aldaran et le secoua énergiquement.
- Réveille-toi. Mais réveille-toi bon sang ! Il fait jour ! L'Eldoran a déjà dû partir sans nous.
- Hum... Dans ce cas, pourquoi essayes-tu de me réveiller... Il est trop tard de toute façon.
- Mais réveilles-toi ! En plus on est où ?
Aldaran se retourna et ouvrit les yeux visiblement contrarié.
- Dans une maison abandonnée. Du moins, je crois qu'elle l'est...
Enoris regarda autour de lui paniqué avant de trouver ses sabres posé dans un coin. Il se précipita dessus.
- Mais tu es inconscient ! On aurait pu se faire égorger !
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? marmonna Aldaran.
Enoris l'attrapa par les épaules et l'obligea à se relever.
- Ne me dis pas que tu n'en as pas entendu parler ! Il y a maintenant cinq jours, dix meurtres ont eu lieu dans la même nuit !
Aldaran sembla soudain totalement réveillé.
- Si j'en ai entendu parler... Tous ont été sauvagement mutilés... Si je retrouve celui qui a fait ça, je le tuerai de mes propres mains !
- Et pourquoi donc ?
- C'était mes amis...
Enoris le regarda inquiet.
- Tu es sûr que tu vas bien ? Que tu me dises que les Keltans tués étaient tes amis, je le veux bien. Mais ceux faisant parti des autres peuples, je ne peux te croire...
- Et pourtant, s'exclama Aldaran en s'étirant, ils étaient tous mes amis. (Il se frotta le visage et changea brutalement de discussion.) Si on allait manger dis-moi ? Sa pue ici, on dirait que quelqu'un a vomit.
Enoris approuva avec vigueur la proposition ne désirant pas s'attarder sur le détail de l'odeur.
Dehors, la lueur du soleil augmenta d'un cran son mal de tête. Comment faisant Aldaran pour sembler être en pleine forme ? Il avait bu deux fois plus que lui et pourtant il ne paraissait pas aller aussi mal.
En arrivant près des berges à la recherche d'une auberge, Enoris se rappela d'un détail alarmant.
- Comment va-t-on s'expliquer auprès du Capitaine ? Il n'aime pas les absences, et encore moins que ses matelots boivent. La dernière fois, il a fait pendre un marin pour montrer l'exemple.
- Si tu veux mon avis, je doute qu'il s'en soit aperçut...
- Pourquoi ?
- Il doit bien trop être occupé par...
Alors qu'ils entraient dans une auberge, le tocsin retentit à travers la ville. Aldaran s'arrêta le visage crispé avant d'attraper Enoris par le bras et de l'entrainer à sa suite.
- Je me doutais que cela se passerai aujourd'hui ! Vite, il faut rejoindre le navire avant qu'il ne parte.
Enoris avait du mal à suivre l'allure de son ami. Jamais il n'avait vu quelqu'un courir aussi vite. En un éclair, ils se retrouvèrent sur les quais. Toujours en courant, ils rejoignirent les embarcadères où tous les navires Keltans étaient amarrés. Quand il aperçut le bateau où Aldaran se dirigeait, il s'arrêta subitement.
- Ah non ! Pas le Festen. Tout le monde se méfie de ce navire... Il paraîtrait que son équipage est étrange !
Aldaran s'arrêta et se retourna plié de rire.
- Mais dis-moi, tu es donc au courant de toutes les rumeurs ayant lieu dans ce port ! Mais après tout, fait comme tu veux. Si tu désires rester ici sans te battre, c'est ton choix... J'espère au moins que tu sais que seul le Festen t'acceptera à son bord.
Enoris souffla dépité, conscient qu'il avait sûrement raison. Contrarié, il accepta de le suivre.
Aldaran monta à bord sans le moindre problème, le matelot surveillant la passerelle le salua même comme une vieille connaissance, mais quand Enoris voulut monter à son tour, il fut arrêté et même repoussé.
- Laisse-le passer, il est avec moi.
Sans qu'il ne comprenne trop pourquoi, le marin l'aida aussitôt à monter à bord sans poser la moindre question.
Avant qu'il ne puisse en demander la raison à Aldaran, celui-ci l'attira dans un coin.
- Attend moi ici, je dois aller faire quelque chose.
Enoris acquiesça peu rassuré de se retrouver seul.
Aldaran partit, il regarda l'étrange équipage travaillant à bord du Festen. Tous avaient une étrange tunique de couleur noire de mauvaise qualité sur le dos. Elle était longue et ample avec des manches recouvrant l'ensemble des bras. Il pouvait cependant entendre en dessous, le cliquetis caractéristique d'une cotte de maille.
Pendant qu'il observait l'équipage en pleine man½uvre, le navire s'élança rapidement hors du port au milieu de toute la flotte Keltane et d'une bonne partie de la flotte de l'Alliance, l'autre partie étant au port d'Aldaria.
Les navires Keltans se réunirent rapidement en formation de combat à la sortie du golfe d'Auzur et s'élancèrent en direction de l'Orgerac. Étant plus performants que ceux des Humains, et même que ceux des Elfes Sylvains, ils eurent tôt fait de les distancer.
Lorsque Aldaran réapparut, Enoris remarqua ébahit qu'il avait revêtu le même uniforme étrange que le reste de l'équipage.
- Pourquoi as-tu mis ça ?
- Tout simplement parce que je faisais partit de cet équipage avant de changer pour l'Eldoran.
- Et moi je dois mettre la même chose ?
- Non, ne t'inquiète pas.
Enoris regarda son ami méfiant.
- Pourquoi as-tu quitté cet équipage ?
- Pour me mettre en sécurité, avoua avec difficulté Aldaran.
Comprenant qu'il ne voulait pas en parler, Enoris reposa son attention sur la mer, attendant impatient et inquiet de voir l'ennemi.
- Tu penses que cette fois-ci c'est la bonne ?
Aldaran plongea son regard dans la même direction que lui et souffla dans un murmure.
- Je le crains, hélas...
- Pourquoi ? demanda le jeune Keltan étonné. Avec de tels navires, l'Orgerac aura beau être plus nombreux, il ne pourra rien faire contre-nous. On les coulera tous jusqu'au dernier.
- C'est ce que nous verrons.
Le temps qu'il leur fallu pour rejoindre les navires éclaireurs sembla interminable. Enoris en profita pour soigneusement aiguiser ses sabres.
Quand enfin les navires éclaireurs apparurent, il sentit son c½ur s'accélérer. L'Eldoran était au centre d'une petite formation et semblait attendre patiemment leur arrivé.
En posant son regard sur la flotte ennemi en ordre de combat, le souffle lui manqua. Ils étaient sans aucun doute possible en surnombre, et cela de beaucoup. Pourtant l'espoir ne le quitta pas, ils avaient de meilleurs navires après tout...
- Tout le monde à son poste !
Sans un mot, les soldats se préparèrent au combat. Les caisses enfermant les flèches et les pots-à-feux furent ouvertes et distribués.
Enoris sentit l'excitation le gagner, il désirait ardemment se battre. Il était temps pour lui de se faire connaître.
Les navires Keltans lancèrent l'offensive sans attendre l'arrivée de l'Alliance, ils ne voulaient pas perdre de temps.
Étant à présent informé de leur arme secrète, l'ennemi brisa rapidement son ordre de combat afin d'éviter de se retrouver au piège du feu noir.
Pendant un long moment, Enoris ne fut que spectateur. Les navires Keltans ne faisant que barrer le chemin à tel où tel autre navire ennemi pour tenter d'en prendre un au piège du feu noir.
Parfois, plusieurs navires s'alliaient pour tendre un piège à un ou plusieurs ennemis. De tous côtés, d'immenses brasiers recouvraient déjà la mer sans qu'il n'y ait vraiment eut de combat... La flotte de Khaos subissait de très lourdes pertes.
De temps à autre, Enoris lançait avec quelques autres matelots des pots-à-feux sur le pont d'un navire ennemi qui passait trop près, provoquant la panique au sein de l'équipage.
Rapidement, bien trop de l'avis d'Enoris, les navires Keltans furent à cours de feu noir, les obligeants à passer à l'attaque.
- À bâbord ! Navire ennemi isolé.
Il jubila, enfin il était temps de passer à l'action. Il allait pouvoir se dégourdir un peu. Ravis, il constata qu'il restait encore de très nombreux navires à capturer et à détruite.
L'équipage se prépara à l'abordage. La plupart s'agenouillèrent derrière le bastingage pour se protéger de la pluie de flèche qui n'allait pas tarder à s'abattre sur le navire.
Comme prévu en approchant, une nuée de flèche leur tomba dessus. Certains répliquèrent en envoyant quelques pots-à-feux sur le pont du navire belliqueux, massacrant une grande partie des archers.
Arrivé bord-à-bord, le Capitaine se redressa et lança l'ordre tant attendu.
- À l'abordage !
Enoris fut l'un des premiers à lancer son grappin et à grimper sur le navire ennemi. Une fois sur le pont, il dégaina ses sabres et acheva les derniers archers encore en vie. Il s'élança ensuite sur les guerriers qui les attendaient massé de l'autre côté du pont.
Cette fois-ci, pour son plus grand plaisir, il n'y avait pas que des humains. D'autres créatures plus grosse et plus robuste les accompagnaient.
Il tua les quelques humains se dressant sur son passage et entreprit de s'attaquer à l'un des monstres.


