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Chapitre Deux, première partie.

Chapitre Deux, première partie.
CHAPITRE 2





Tranquillement installé au fond de la taverne, il finissait de manger tout en écoutant les conversations. C'était le meilleur moyen de savoir ce qui se passait dans le Royaume, sans pour autant être obligé de prendre part à la discussion. Les nouvelles étaient excellentes. D'après le charpentier, qui discutait avec le poissonnier et le boulanger, les Keltans avaient signé un nouvel armistice, rallongeant de trois mois le premier. Il fallait toutefois se méfier de ces nouvelles. Les rumeurs allaient bon train en ville, il fallait savoir démêler le vrai du faux. Ayant entendu tout ce qui l'intéressait, il intercepta la serveuse lorsqu'elle passa près de lui. Il commanda une nouvelle pinte de bière avant de partir.

La serveuse prit sa commande et partit rapidement. Cet homme ne lui disait rien qui vaille. Elle n'arrivait même pas à discerner son visage, qu'il maintenait caché sous la capuche de sa cape. Ce qui l'effrayait le plus, était le loup qui l'accompagnait. Elle avait peur qu'il ne lui saute dessus. Elle se dit qu'il fallait être vraiment fou pour avoir un loup pour compagnon. Tous se méfiaient de lui et de son maître. On les voyaient rarement en ville. De sombres rumeurs circulaient à leur sujet. L'homme, aurait tué un monstre qui rôdait autour de la ville. Et le loup, quand à lui, mangerait un enfant égaré de temps à autre... Personne n'avait de preuves. Et tous ceux qui avaient vu le loup étaient unanimes. C'était une bête curieuse, qui donnait la mauvaise impression de comprendre tout ce que vous disiez, et vous regardait droit dans les yeux quand vous parliez de lui.

Kriar était irrité de toutes ces rumeurs à son sujet, mais il savait que son maître en était ravi. Ainsi, on le laissait tranquille.

La serveuse revint avec sa pinte. Il la paya et elle partit rapidement, de peur qu'il ne lui demande autre chose.

Soudain, un homme entra précipitamment dans la taverne réveillant Kriar. Il était essoufflé mais semblait content d'être arrivé. Il se dirigea vers le comptoir et commanda une pinte de bière. Puis, il se retourna vers le reste de la salle.

- Mes amis ! dit-il d'une voix puissante, faisant instantanément taire toute la salle. Sachez que l'on a capturé un Keltan tout à l'heure, ou plus exactement, UNE Keltane ! On la ramène ici ! Si ça vous dit de venir lui faire payer pour tout ce que l'on endure depuis tant d'années, rendez-vous sur la place du village ! Elle devrait arriver d'ici une heure ou deux. Mais si vous voulez avoir les meilleures places, je vous conseille de ne pas traîner !

L'homme but sa chope d'un seul trait, puis ressortit, suivi de presque toute l'assemblée, pour la plupart masculine. Ils se dirigèrent vers la place du village. Le tavernier lui-même sortit, laissant à sa femme le soin de s'occuper du peu de clients qui restait.

La serveuse regarda l'homme à la capuche boire lentement sa pinte, avant de se lever, et de partir lui aussi. Elle sursauta lorsque le loup la regarda avant de sortir.

Une fois dehors, il s'assura discrètement que son épée glissait bien dans son fourreau. Il craignait de savoir exactement ce que signifiait : « lui faire payer pour tout ce que l'on endure ». Il ne s'agissait pas simplement de l'humilier...

Lorsqu'il arriva sur la place, ombre noire au milieu d'une foule survoltée. Il aperçut au centre des charpentiers construisant en toute hâte une estrade, afin que tout le monde puisse voir le spectacle.

Pendant deux heures, la construction se poursuivit. De nombreux badauds qui espéraient ainsi pouvoir assister au spectacle le plus tôt possible participèrent. La Keltane était déjà arrivée depuis presque une heure. On l'avait enfermée dans les geôles du village en attendant que l'estrade soit terminée. Quand ce fut le cas, on alla la chercher.

Lui, était resté en retrait de la foule avec Kriar à ses côtés. Ses yeux, plus perçant que ceux d'un Humain, lui permettaient de voir ce qui se passait sur l'estrade comme s'il y était. Il s'était adossé à une maison en bordure de la rue principale, et personne n'osait s'approcher de lui et de son loup.

Alors qu'il observait calmement la foule, il entendit des cavaliers approcher. Il se retourna vers la rue principale et vit arriver une dizaine d'hommes, épées à la main. Entre eux, se tenait la Keltane. Les mains attachées, reliées par une corde à un homme qu'il reconnut comme étant le chasseur de la ville. Il la tirait violemment, la forçant à courir pour ne pas tomber. Lorsqu'ils arrivèrent sur la place, ils ralentirent la cadence, et firent écarter la foule qui hurla de plaisir en voyant la prisonnière. Ils lui lancèrent toutes sortes d'insultes. Mais elle ne réagissait pas, comme si elle était perdue dans ses pensées.

Kriar, remarqua comme son maître, que ce devait être une personne importante au sein de son peuple. La robe qu'elle portait, bien que simple, était magnifique. Et sa façon de se tenir n'avait rien à voir avec les « petites gens ». Cela déplut énormément à plusieurs personnes, qui réussirent à la frapper malgré la protection des cavaliers. Non pas qu'ils veuillent la protéger, – c'était loin d'être le cas –, mais parce qu'elle devait subir le juste châtiment qu'ils lui avaient préparé.

La Keltane fut frappée si violemment qu'elle tomba devant l'estrade. Elle fut alors traînée sur le sol, sans pitié, sous les rires et les quolibets de la foule, déchaînée et euphorique...

Quand elle monta sur l'estrade, elle avait du mal à mettre un pied devant l'autre. La foule haineuse, continuait joyeusement de l'insulter. Un homme lui lança un objet qu'elle reçut violement dans le ventre. Kriar, qui voyait la scène à travers les yeux de son maître, reconnut l'objet comme étant une pince en métal. La Keltane tomba en hurlant de douleur. Des larmes apparurent pour le plus grand plaisir de la foule. Ils venaient enfin de briser sa dignité. Le chasseur la releva alors sans douceur. Mais elle ne put s'empêcher de rester plié en deux. Pendant ce temps, ses hommes se plaçaient autour de l'estrade, leurs épées brandies, afin de dissuader la foule de trop approcher. Leur chef maintenant au centre de l'estrade fit taire tout le monde d'un simple geste de la main.
# Posté le mardi 10 janvier 2006 13:35
Modifié le mercredi 13 juin 2007 08:24

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