« Retour au blog de delatehel

Chapitre Trois, deuxième partie.

Chapitre Trois, deuxième partie.
Au fur et à mesure qu'il avait parlé, il avait vu le visage de la Keltane changer. Il s'était attendu au départ à ce qu'elle prenne peur, ou qu'elle le haïsse à son tour. Mais sa réaction l'étonna plus que tout.

Elle le regardait avec compassion et même de la compréhension... Comment une personne qui venait de subir autant de supplice en une journée, pouvait encore avoir de la compassion pour celui qui l'avait laissé se faire torturer ? Il avait l'impression qu'elle était presque triste pour lui.

Alors qu'il se demandait si elle avait bien compris ce qu'il venait de dire, elle dissipa son doute.

- Vous savez, très peu de personnes dans mon pays me serait venues en aide... Et bien que vous ayez réagi un peu tard... Je vous en suis extrêmement reconnaissante. Grâce à vous, je suis toujours en vie, et c'est le principal.

Il ne répondit rien, trop préoccupé par ce qu'elle venait de dire. Il la regardait toujours aussi incrédule. Il se demanda alors l'âge qu'elle avait. Elle devait être très jeune, même si pour une Elfe Noire ce critère était bien futile. Il ne lui donnait pas plus de dix-huit ou dix-neuf ans. Si jeune, et déjà si mature... Il se sentait soudain ridicule.

- Comment vous appelez-vous ? demanda-t-elle curieuse.

Il mit un peu de temps avant de répondre, mais elle ne s'en offusqua pas.

- Enguerrand Onbard, et voici mon loup Kriar.
- Enchanté Enguerrand Onbard. Je m'appelle Cyliana Djahliss. Pouvez-vous m'aider à descendre je vous prie. Je voudrai marcher un peu.

Enguerrand aida aussitôt la jeune femme à descendre de cheval. Elle lui en fut reconnaissante. Et comme pour le remercier, elle lui fit un magnifique sourire. Le même sourire qu'elle lui avait fait après qu'il lui ait guéri la main. Il en fut troublé.

Il profita de cet instant pour la détailler. Elle avait de longs et magnifiques cheveux bruns qui cascadaient sur ses épaules, lui descendant jusqu'aux hanches, cachant ses oreilles légèrement pointues. Une mèche rebelle, tombait sur son front, masquant en partie la Marque maudite qui s'y trouvait. Cette Marque était le symbole de toutes les malédictions jetées sur leur peuple par les Sorciers Originels, il y avait de cela plusieurs millénaires. Et bien que ce symbole fût assez petit, il ne passait jamais inaperçu. Enguerrand croisa ensuite le regard calme et profond de la jeune Keltane. Il reflétait toute l'intelligence qui brûlait en elle. Elle se tenait droite et fière, les bras le long du corps, sûre d'elle. Enguerrand ne pouvait s'empêcher de l'admirer.

Elle portait une robe comme il n'en avait jamais vu : blanche, lui arrivant à ras le cou, la taille ceinte d'une fine ceinture de cuir lestée d'une bourse et d'un fourreau vide. Le tissu, fin, lisse et brillant, n'était orné d'aucune dentelle ou jabot. Rien ne venait détourner l'attention de la manière dont le vêtement mettait en valeur les formes de la Keltane. Bref, l'élégance de la simplicité. Et malgré tout ce qu'elle avait subi, la robe semblait intacte.

Enguerrand réalisa que bien que ce fût une Keltane, il ne pouvait s'empêcher de la trouver ravissante. Pour ne pas dire sublime.

Il remarqua qu'elle aussi le détaillait. Mal à l'aise, il détourna le regard et se remit à marcher, Cyliana à ses côtés.

Lorsqu'ils arrivèrent à une intersection, Enguerrand guida son destrier sur le sentier de gauche qui s'enfonçait plus profondément dans la forêt. Il remarqua que la Keltane prenait des points de repère.

Kriar, quand à lui, avait cessé de la surveiller. Il gambadait tranquillement devant eux, ouvrant ainsi la marche, comme à son habitude. Enguerrand se demanda s'il était bien prudent de ne plus la surveiller. Car bien qu'il la trouvait sympathique, cela restait tout de même une Keltane...

Puis soudain, alors qu'ils marchaient silencieusement. Cyliana s'arrêta brusquement. Un cri de surprise s'échappa de ses lèvres et elle se plia de douleur. Son visage était devenu livide. Elle avait posé une main sur sa poitrine et ne bougeait plus. Elle en avait presque les larmes aux yeux. Enguerrand lui posa une main sur l'épaule inquiet.

- Que se passe t'il ?

Cyliana ferma quelques instants les yeux, puis reprit son souffle.

- Ce n'est rien, juste le contrecoup de la journée...

Enguerrand n'en crut pas un mot. Mais constatant que ça allait mieux, il n'insista pas.

- Voulez-vous remonter à cheval ?
- Non merci, un peu de marche me fera le plus grand bien.

Enguerrand la soutint un peu pendant qu'ils reprenaient leur marche. Quand la Keltane n'eut plus besoin de son aide, il la relâcha. Il continua cependant à la surveiller, notant que sa main n'avait toujours pas quitté sa poitrine.

- Kriar tu as une idée de ce qui lui est arrivé ?
- Peut être que ses pouvoirs lui sont revenus...
- Ce serait un peu violent, tu ne trouves pas ?
- Je ne sais pas. Je ne m'y connais pas en matière de magie Keltane. Et puis, je ne sais pas non plus qu'elle sorte de décoction ils lui ont fait boire.

Enguerrand se mit soudain sur ses gardes. Si ses pouvoirs lui étaient réellement revenus, il se pouvait qu'elle se révèle moins sympathique maintenant qu'elle n'était plus en état de faiblesse.

- Tu vas arrêter de voir un ennemi dans chaque Keltan ? s'exclama Kriar. Bientôt tu vas finir par te persuader que les autres aussi étaient de terribles Sorciers !

Il regarda Kriar surpris et blessé de se faire remettre à sa place de cette façon.

- Écoute Enguerrand. Je sais que tu n'apprécies pas les Keltans, mais si Hyamon lui a demandé de venir le plus rapidement possible, il doit y avoir une bonne raison. Tu dois essayer de lui faire confiance !
- Si Hyamon lui a vraiment demandé de venir...

Kriar grogna en direction d'Enguerrand, histoire de bien lui faire comprendre qu'il détestait que l'on mette sa parole en doute. Cyliana regardait silencieuse. Elle ne comprenait pas tout ce qui se passait, mais elle sentait que les sentiments d'Enguerrand ne cessaient de changer.

- Bien, je vais essayer de lui faire confiance. Mais j'espère sincèrement que tu ne t'es pas trompé à son propos...

Kriar grogna de nouveau, sûr de lui. Et comme pour le prouver, il alla se placer au côté de la Keltane et ne la quitta plus pendant le reste du trajet.

Lorsqu'ils débouchèrent un peu plus tard dans une clairière, Cyliana aperçut une petite maison en bois adossée aux arbres. À sa droite, semblait se dresser l'écurie. Elle entendit un ruisseau couler tout près derrière la maison. L'endroit était paisible et Cyliana le trouva très agréable.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mercredi 15 mars 2006 04:30
Modifié le vendredi 22 juin 2007 05:13

« Article précédent : Chapitre Trois, première partie.

Article suivant : Chapitre Trois, troisième partie. »