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Chapitre Trois, troisième partie.

Chapitre Trois, troisième partie.
(Kriar)


Enguerrand l'invita à entrer pendant qu'il allait desseller son cheval et lui donner à manger.

Elle entra dans la maison, accompagnée de Kriar. Elle avait toujours mal à la poitrine, mais elle essayait de ne pas le montrer. Elle commençait à être familière de cette douleur. Seulement, elle était revenue quand elle s'y attendait le moins, et plus forte que ce dont elle avait l'habitude.

Pour l'oublier, elle commença à détailler rapidement l'intérieur de la maison. Elle remarqua une table installée au centre de la pièce, ainsi qu'une porte à sa droite qui menait certainement à la chambre. Mais ce qui attira le plus son attention dans un premier temps, ce fut la cheminée. Elle eut aussitôt envie d'une bonne flambée. Une semaine qu'elle dormait dehors, s'interdisant de faire du feu pour ne pas être repérée. Mais la flambée disparut rapidement de son esprit dès que son regard se posa sur le meuble au fond de la pièce. Elle sentit son ventre gargouiller. Un plat de charcuterie y était posé. À ses côtés, se tenaient plusieurs morceaux de fromage. Tout cela semblait bien appétissant. Elle se souvint alors qu'elle n'avait rien mangé depuis trois jours. La vue de tant de nourriture lui affola dangereusement l'estomac.

Lorsque Enguerrand entra à son tour, il se débarrassa de sa cape ainsi que de ses armes. Puis il enleva son surcot ainsi que sa cotte de mailles pour être plus à l'aise.

Cyliana n'en fut pas étonnée. Elle se doutait qu'il n'avait pas brusquement changé d'avis à son sujet, et qu'il ne lui faisait pas totalement confiance. Mais étant un Sorcier, il n'avait pas besoin de ses armes pour se défendre... Mais il semblait tout de même un peu plus serein auprès d'elle.

Enguerrand remarqua que Cyliana l'observait. Kriar lui apprit alors que l'attention de la jolie Keltane, une fois entrée, avait été attirée par la cheminée, puis par la nourriture qui traînait. Enguerrand sourit.

- Que se passe t'il ? demanda-t-elle intriguée.
- Rien, je pensais seulement à me faire un bon petit feu et à préparer le repas. Asseyez-vous et reposez-vous en attendant.

Elle avait remarqué le regard complice qu'il avait lancé à Kriar. Elle posa à son tour son regard sur le loup. Il continuait de l'observer calmement allongé près de l'entrée.

Depuis le début, elle s'était doutée qu'il se passait quelque chose entre eux. Elle en était de plus en plus persuadée depuis l'épisode de la forêt, quand le loup s'était soudain mit à grogner en direction d'Enguerrand. Elle se souvenait que lors de ses études, son professeur lui avait expliqué que les Sorciers Humains avaient tous un animal fétiche, et qu'un lien existait entre eux. Ce qui faisait toute leur force, mais aussi leur faiblesse. Personne cependant, n'avait réussi à percer le secret de ce lien étrange. Mais Cyliana commençait à se douter qu'ils se comprenaient parfaitement... Et cette révélation l'inquiétait un peu.

Pendant ce temps, Enguerrand prit une poignée de brindilles qu'il enflamma avec un peu de magie. Quand le feu eut bien pris, il ajouta plusieurs bûches bien sèches qui prirent feu à leur tour. Il amena ensuite une chaise devant la cheminée et fit asseoir Cyliana. Celle-ci ferma alors les yeux et apprécia la chaleur qui s'en dégageait.

Pendant ce temps, Enguerrand prépara le repas. Il attrapa une petite marmite et alla la remplir d'eau au ruisseau. Il mit ensuite l'eau à chauffer.

Il prit ensuite quelques légumes qu'il éplucha et coupa rapidement. Il coupa ensuite un peu de lard et des saucisses. Quand il eut terminé, il versa le tout dans l'eau bouillante, il rajouta quelques épices et mélangea. Pendant que la soupe cuisait, il disposa les bols et les cuillers sur la table. Il installa également le pain, la charcuterie, ainsi que de la viande faisandée. Et bien sûr, pour le dessert, du fromage.

Lorsque la soupe fut prête, il prit un torchon et apporta la marmite sur la table. Il servit ensuite la soupe fumante dans les bols. Puis il appela Cyliana perdue dans ses pensées. Elle se plaça aussitôt à table, une lueur de gourmandise dans les yeux.

Elle saisit sa cuiller et mélangea sa soupe, attendant qu'elle refroidisse un peu. Elle commença ensuite à manger avec un plaisir non dissimulé.

Quand elle eut fini, Enguerrand lui en proposa de nouveau, ce qu'elle accepta volontiers. Comme la première fois, elle mangea la soupe voracement ce qui fit sourire Enguerrand.

- Ta soupe était excellente ! s'exclama-t-elle ravie.

Amusé, il lui tendit l'assiette de charcuterie afin qu'elle puisse se servir. Pendant qu'elle choisissait, il lui coupa une tranche de pain. Dès qu'elle se fut servie un peu de charcuterie, Kriar s'approcha aussitôt d'elle et posa sa tête sur ses cuisses. Il fit alors des yeux suppliants de petit enfant triste. Enguerrand lui demanda de la laisser tranquille. Mais Cyliana, amusée, sourit et lui donna un peu de saucisson, pour le plus grand plaisir de Kriar qui en redemanda aussitôt.

- Voila enfin quelqu'un de compréhensif dans cette maison ! Et toi qui te méfiais d'elle ! Il faudrait vraiment la remercier pour moi, car sans elle je serais mort de faim !

Enguerrand sourit à cette remarque, ce qui n'échappa pas à Cyliana.

Enguerrand prit pour terminer le repas un peu de fromage, bien qu'il n'ait plus très faim, mais il constatait que Cyliana, elle, avait une faim de loup. Presque plus grande que Kriar, ce qui n'était pas peu dire.

- Dis-moi, depuis combien de temps n'as-tu pas mangé ?

Cyliana s'arrêta comme prise en faute.

- Trois jours...
- Tant que ça ! s'écria Enguerrand. Eh bien régale toi autant que tu le veux. Il ne devrait pas être permis de manquer un repas si tu veux mon avis.

Cyliana lui fit son plus beau sourire. Troublé, il partit chercher une bouteille et des verres pendant qu'elle terminait de manger. Une fois de retour, il remplit les verres à moitié puis en donna un à Cyliana.

Elle regarda alors la liqueur avec appréhension. Elle avait entendu dire que les Humains avaient de drôles de boissons, capables de vous faire perdre la raison. Elle observa inquiète son hôte boire lentement et se resservir un peu.

- Qu'est ce que c'est ?
- Une liqueur. Un alcool sucré, ce n'est pas très fort. Ça te fera le plus grand bien après une journée aussi éprouvante.
- Ça ne va pas me rendre folle ? demanda-t-elle anxieuse.

Enguerrand regarda la jeune Keltane les yeux ronds. Quand il vit le regard réellement inquiet de Cyliana, il ne put s'empêcher de rire.

Cyliana se sentit soudain très sotte, mais le rire de son compagnon la rassura, et elle aussi se mit à rire. Même si elle savait qu'Enguerrand se méfiait toujours d'elle, elle se sentait bien. Une sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps...
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# Posté le mercredi 15 mars 2006 04:35
Modifié le dimanche 20 mai 2007 05:35

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