Rassuré, il sorti ensuite pour se dégourdir un peu. Il enleva sa chemise, puis après s'être un peu échauffé, il se dirigea vers l'arbre le plus proche. Il agrippa la branche au dessus de sa tête et commença à faire quelques tractions matinales. Après en avoir fait une petite cinquantaine, jugeant que Cyliana risquait de se réveiller d'un instant à l'autre, il se dirigea vers le ruisseau et s'aspergea d'eau le visage et le torse pour y enlever la sueur. L'eau fraîche lui fit un bien fou.
Il se rhabilla et rentra pour préparer le repas, sortant toute la nourriture qui lui restait. C'est-à-dire peu de choses. Sa semaine de cauchemars ne l'ayant pas disposé à aller chasser ou à partir en ville acheter des provisions. Et surtout, il n'avait pas prévu de recevoir du monde.
Alors qu'il allumait le feu, il entendit du bruit provenir de la chambre. Cyliana venait de se réveiller.
Elle fut d'abord étonnée de voir Kriar, puis elle sourit et le caressa derrière l'oreille.
- Bonjour toi ! Bien dormi ?
- Très bien merci, et toi ?
Cyliana cria de surprise et recula vivement, manquant de tomber à la renverse. Enguerrand qui assistait de loin à la scène ne put s'empêcher de rire. Quand Cyliana l'aperçut, elle sortit rapidement de la chambre et vint se placer devant lui. Bien qu'Enguerrand la doubla quasiment d'une tête, cela ne l'empêcha pas de le menacer de son index et de l'agiter sous son nez.
- Ce n'est pas drôle du tout ! J'ai eu une sacrée frousse ! J'aurais bien voulu te voir à ma place. Pourquoi ne m'as-tu pas dit que Kriar communiquait par la pensée ?
- Car je ne le révèle pas à n'importe qui... Et puis tu étais la dernière personne à qui je l'aurais dit...
- Alors peux-tu m'expliquer pourquoi je l'entends maintenant ?
- Kriar n'a pas cessé de me dire que je pouvais te faire confiance, et après ce qui est arrivé cette nuit, j'ai préféré créer un lien entre vous deux afin qu'il puisse te protéger.
- Et tout ça sans même demander mon accord !
- Tu dormais si profondément que je n'ai pas eu le c½ur de te réveiller.
Cyliana regarda alors Kriar qui s'approchait d'eux.
- Je me disais bien que ce loup était spécial.
- Et tu avais bien raison, ce loup est très spécial, il est magique !
Enguerrand fit claquer ses doigts en prononçant ces derniers mots. Cyliana le regarda amusée. Elle reposa ensuite son regard sur Kriar.
- Tu as un drôle de maître tu sais !
- Je ne te le fais pas dire ! Et le pire, c'est qu'il me laisse mourir de faim. Heureusement que tu es là maintenant !
- Comme ça je te laisse mourir de faim ! Eh bien dans ce cas tu vas me faire le plaisir d'aller dehors ! Si tu as vraiment faim, tu chasseras tout seul !
En entendant ces mots, Kriar s'allongea aux pieds de Cyliana et fit son air le plus misérable, tout en lançant quelques jappements de désespoir.
- Pitié ne le laisse pas faire, je vais mourir de faim sans toi !
Cyliana ne put s'empêcher de rire devant l'air faussement sévère d'Enguerrand et le regard triste de Kriar. Elle était tombée chez de bien étranges personnages...
Enguerrand proposa alors à Cyliana de manger. Ce qu'elle accepta volontiers, ainsi que Kriar qui ne la quittait plus. Ils s'installèrent à table et commencèrent joyeusement le repas. Enguerrand refusait cependant de donner quoi que se soit à Kriar, pour lui montrer qu'il pouvait se montrer impitoyable. Mais Kriar se rattrapait allégrement auprès de Cyliana qui ne pouvait résister à son regard de pauvre loup malheureux.
Ils terminèrent ainsi sans pitié le peu de nourriture qui restait.
Lorsqu'ils furent tous rassasiés, Enguerrand demanda à Cyliana si la tisane lui avait fait de l'effet. Ayant reçu une réponse positive, il lui en refit une pour être sûr que la douleur ne referait pas son apparition. Même si cette précaution était inutile.
Ensuite, Enguerrand se prépara à partir en ville pour acheter des provisions et quelques accessoires pour le voyage. Il décida de ne prendre que son épée, pour passer le plus inaperçu possible. Il demanda à Kriar de rester avec Cyliana pour la protéger. Puis il alla seller son cheval et partit vers la ville.
