« Retour au blog de delatehel

Chapitre Cinq, deuxième partie.

Chapitre Cinq, deuxième partie.
Alors qu'ils reprenaient la route, elle se décida à parler :

- Comme tu as certainement pu le remarquer lorsque tu étais dans mon esprit... Mes parents m'ont rejetée lorsque j'avais cinq ans, car j'avais en moi... certaines capacités qui sont mal vues chez les miens. J'ai alors été recueillie dans un lieu où sont regroupées toutes les personnes comme moi... (Cyliana baissa les yeux et fixa une fois de plus la crinière de son cheval.) J'ai alors passé six ans à apprendre à maîtriser ces... capacités.
» Je n'ai appris qu'à l'âge de onze ans, juste après avoir terminé mon apprentissage, que j'avais un frère de trois ans mon cadet... Aussitôt, j'ai essayé de le voir malgré les avertissements des autres... Mais quand je l'ai vu, et que je lui ai révélé qui j'étais... Il m'a tout de suite acceptée. (Cyliana pleurait à présent, elle détourna la tête, afin qu'Enguerrand ne puisse le voir.) Il est même devenu mon... ami. Mais peu de temps après, mes parents nous ont surpris, et m'ont formellement interdit de le revoir... De toute façon, je n'en aurais pas eu le temps...

Cyliana, après avoir essuyé ses larmes, regarda Enguerrand.

- Je suis désolée, mais je ne peux pas t'en dire plus...
- Et je ne te le demande pas, assura Enguerrand, peut-être que plus tard tu pourras... mais cela ne presse pas.
- Je te promets de tout te dire une fois arrivés à Sautour, car arrivés là-bas, nos chemins devront se séparer.

Enguerrand ne répondit pas. Une intuition lui assurait qu'ils ne se quitteraient pas de si tôt, et ses intuitions étaient rarement fausses...

Peu de temps après, ils débouchèrent sur la voie Royale menant à Sautour. Cyliana dût alors mettre sa capuche. Ils discutaient à présent grâce au lien de Kriar pour n'être entendus de personne. Ainsi, le voyage se déroula paisiblement le reste de l'après-midi. Enguerrand préférait, quand c'était possible, contourner les villes et les villages qui se trouvaient sur leur chemin, afin d'éviter d'attirer les regards.

Le soir, il décida cependant de s'arrêter dans une auberge. Il paya un garçon d'écurie pour qu'il s'occupe des chevaux. Puis il prit son sac et Cyliana fit de même. Quand ils entrèrent dans l'auberge, la salle se fit silencieuse en apercevant Enguerrand et Kriar. Bien qu'ils aient l'habitude de voir toutes sortes d'animaux avec les Sorciers, ils étaient surpris de voir un loup avec un chevalier de la Légion. Cyliana quand à elle, se cacha du mieux qu'elle put derrière Enguerrand.

Lorsque l'aubergiste les aperçut, il s'approcha rapidement et les salua.

- Bienvenue à l'auberge du grand Azral. Désirez-vous manger ?
- Nous voudrions une chambre, et si possible y manger.
- Vous ne préférez pas plutôt manger ici ? Ce serait plus confortable...
- Non. Nous préférons être au calme, insista Enguerrand, nous avons eu une longue journée...

L'aubergiste ne paraissait pas être tout à fait d'accord. Il fixa quelques secondes le blason sur la cotte d'Enguerrand.

- Très bien... souffla-t-il, suivez-moi.

Enguerrand fut ravi que l'aubergiste ne résiste pas plus. Il voulait rester le moins longtemps possible dans la grande salle, car quelqu'un pouvait apercevoir à tout instant la Marque de Cyliana.

Ils se dirigèrent vers l'escalier qui se trouvait à côté du comptoir. Il remarqua que les regards étaient maintenant en majorité fixés sur Cyliana. Une personne gardant sa capuche dans une salle était forcément suspecte. Enguerrand se douta que sans son uniforme et sans Kriar, l'aubergiste aurait ordonné que Cyliana abaisse sa capuche. Heureusement, il s'en était abstenu...

Arrivés au premier étage, l'aubergiste les conduisit le long du couloir jusqu'à la chambre du fond. Une fois à l'intérieur, il ferma la porte et se campa face à Cyliana et Enguerrand.

- Je ne l'ai pas demandé en bas pour ne pas attirer encore plus l'attention. Mais maintenant, je vous demande de bien vouloir baisser votre capuche, que je puisse voir qui vous êtes. Je ne veux pas d'embêtements dans mon auberge.

Cyliana se crispa, ne sachant que faire. Elle regarda Enguerrand attendant un signe de sa part.

Enguerrand quand à lui, fixait l'aubergiste. Après l'avoir jaugé, il se décida.

- Cyliana, enlève ta capuche...

Elle mit quelques secondes à réagir. Inquiète, elle enleva sa capuche. Aussitôt, un juron sortit des lèvres de l'aubergiste.

- Je ne veux pas de problèmes moi, je ne veux rien avoir affaire avec les Keltans !
- Vous n'aurez aucun problème, expliqua calmement Enguerrand, si personne n'apprend qu'il y a une Keltane ici ! Par contre, si vous le dites à qui que ce soit, vous aurez affaire au Roi...

L'aubergiste marmonna quelques mots.

- Ce ne sont pas mes affaires. Du moment que vous ne faites rien, moi ça me va.
- Alors tout va bien ! s'exclama Enguerrand.
- Je vais vous cherchez de quoi vous restaurer.

L'aubergiste sortit rapidement. Cyliana n'était pas très rassurée.

- Tu ne penses pas qu'il va aller prévenir tout le monde ?
- Ne t'inquiète pas, Kriar le surveille de près.
- Et s'il veut tenter quelque chose, il le regrettera amèrement avant même d'avoir pu faire quoi que ce soit !

Cyliana fut un peu rassurée par cette nouvelle. Elle décida alors d'enlever sa cape et de s'asseoir sur le lit en attendant que le repas arrive.

Quelques minutes plus tard, l'aubergiste revint avec les assiettes. Il en donna une à Cyliana qui le remercia, puis l'autre à Enguerrand. Il avait même amené de la viande pour Kriar. Puis il se retourna vers Cyliana qui était de nouveau tendue. Il la regarda pensif, toute crainte avait disparu de son visage.

- On m'a toujours dit qu'il fallait se méfier des Keltans, car ils n'hésitent pas à vous poignarder dans le dos... Pourtant, vous ne semblez pas si différente des Elfes de ShamLadriss. À part la couleur des cheveux, et bien sûr cette Marque...
- Nous avons les mêmes origines... ce n'est que plus tard, que nous avons pris des chemins différents...

L'aubergiste observa Cyliana encore quelques instants avant de donner son verdict.

- Les Keltans sont peut être des monstres, comme semblent le dire les autres, mais dans ce cas, vous êtes l'exception qui confirme la règle.

Cyliana se sentit un peu plus à l'aise, l'aubergiste s'en aperçut aussitôt.

- Demain, continua-t-il, il serait avisé de partir de bonne heure. Pendant que le village est encore endormi.
- C'est ce qui était prévu, merci.
- Bien, je vous apporterai le petit déjeuner de bonne heure, comme ça vous ne perdrez pas de temps. Sur ce, passez une bonne nuit.

L'aubergiste s'en alla aussitôt, les laissant enfin seuls. Kriar se jeta aussitôt sur la nourriture, affamé qu'il était d'avoir gambadé toute la journée. Cyliana profita elle aussi du repas qui lui permit de décompresser. Dès qu'ils eurent fini de manger, ils ne tardèrent pas à se coucher. Le lendemain, ils auraient encore une longue journée devant eux.
# Posté le lundi 24 avril 2006 13:28
Modifié le vendredi 22 juin 2007 05:13

« Article précédent : Chapitre Cinq, première partie.

Article suivant : Chapitre Cinq, troisième partie. »