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Chapitre Sept, huitième partie.

Chapitre Sept, huitième partie.
(Elonya)


Cyliana le regarda moqueuse.

- Mais bien sûr ! Seulement, ça lui profite plus qu'à nous. Il s'entoure de six des notres pour sa garde personnelle ! (Enguerrand fut surpris d'entendre le ton de Cyliana devenir haineux.) Il oblige tous ceux qui l'entourent à ne pas masquer leurs sentiments. Ainsi, il peut dans une certaine mesure savoir si quelqu'un lui veut du mal...
» Et puis, il en profite aussi pour se faire plaisir !

Cyliana venait de cracher ces derniers mots. Enguerrand la regarda curieux. Au bout d'un long moment, elle consentit enfin à lui donner des explications.

Autour d'eux, le lieu se transforma une nouvelle fois pour faire apparaître un couloir éclairé par la lumière de l'extérieur.

- Nous voici revenus à la Forteresse de l'Ordre lorsque j'avais seize ans...

Enguerrand porta son attention sur la scène. Il apercevait quelqu'un s'approcher lentement, il reconnut rapidement Cyliana bien qu'un peu plus jeune. Il l'a trouva mignonne dans sa robe noire avançant guillerette. Il regarda sa compagne et remarqua qu'elle était tendue, guettant l'autre côté du couloir nerveusement.

Enguerrand fit de même et aperçut un Keltan s'approcher. Il s'agissait du Roi Oldward. Il regardait la jeune Cyliana fixement avec un sourire malsain qui mit Enguerrand mal à l'aise. Quand elle l'aperçut, elle s'arrêta et son visage vira de la joie à la frayeur, avant qu'elle ne se reprenne et que plus aucun sentiment ne transparaisse. Le Roi qui venait d'arriver à sa hauteur, la prit par la taille et la plaqua violement contre le mur. Cyliana laissa échapper un cri de douleur et de surprise mêlées.

Enguerrand regardait la scène pétrifié, n'osant croire ce qui se passait.

Cyliana essayait de se débattre et d'échapper à l'étreinte du Roi qui la maintenait fermement. D'une main, il lui attrapa le visage et l'embrassa de force pendant que son autre main se promenait sur son corps.

Enguerrand avait beaucoup de mal à rester calme face à ce souvenir. À ses côtés, Cyliana avait les poings serrés, la mâchoire crispée. Son regard était fixé sur le dos du Roi ses cheveux virevoltants légèrement autour de son visage, ses pouvoirs libérés... Enguerrand ne savait pas s'il devait intervenir pour lui dire d'arrêter le souvenir ou s'il devait au contraire ne rien faire afin de ne pas la brusquer...

À ce moment là, apparut Elonya. Elle paraissait tout aussi vieille et usée que lors du rite de transfert des pouvoirs, mais lorsqu'elle surprit le Roi, de la colère et de la haine apparurent sur son visage. Elle attrapa Oldward et le tira violement en arrière. Le Roi la regarda alors avec fureur.

- Quoi ? Je fais ce que je veux ! Ne venez plus jamais m'interrompre lorsque je prends du bon temps !
- Vous faites peut-être ce que vous voulez avec les autres, mais pas avec elle ! C'est mon successeur vous n'avez aucun droit sur elle !

De la déception passa dans le regard du Roi. Il continuait de regarder Cyliana avec désir, puis une idée lui traversa l'esprit, et son sourire triomphant revint aussitôt.

- Nuance ! Je ne peux pas l'emmener avec moi, mais je peux faire d'elle ce que je veux tant que je suis là !

Elonya, soudain très pâle, sembla sur le point de perdre patience. Mais elle se retint de justesse.

Le Roi victorieux, prit violemment Cyliana par le bras et l'entraîna avec lui.

Elonya resta de marbre, les larmes aux yeux, ces cheveux virevoltant légèrement autour de son visage.

Enguerrand voulut interrompre Cyliana qui commençait à suivre le Roi, mais une voix lui souffla qu'il était plus prudent de ne rien faire. Résigné, il accompagna Cyliana.

Ils suivirent Oldward dans les méandres de la Forteresse jusqu'à ce qu'ils arrivent à sa chambre.

Une fois arrivés, Oldward jeta Cyliana sur le lit, son sourire lubrique de nouveau sur les lèvres. La jeune Cyliana ne résistait plus, consciente que cela ne servirait à rien, sinon à aggraver son cas. Elle regardait le Roi s'approcher d'elle tout doucement alors qu'il enlevait ses bottes puis sa chemise.

Enguerrand se retint de justesse de massacrer le Roi, Kriar lui ayant discrètement rappelé qu'ils étaient dans un souvenir.

Le Roi monta sur le lit au-dessus de Cyliana, mettant ses jambes de chaque côté de ses hanches. Alors qu'il commençait de nouveau à la caresser, elle eut un sursaut et voulut de nouveau s'enfuir. Le Roi s'amusa de sa résistance et l'embrassa de force. Il se redressa ensuite et fixa la poitrine de sa victime encore cachée par sa robe. Oldward arracha violement la robe sous les cris de Cyliana qui se débattait de toutes ses forces.

Enguerrand essayait de ne pas regarder ce qui se passait sous ses yeux, son sang bouillait, il n'avait qu'une seule envie, aller trancher la gorge de celui qui osait violenter Cyliana. Il voyait son amie à ses côtés, le regard fixe, des larmes lui coulant le long du visage. Enguerrand espérait que quelque chose, n'importe quoi viendrait interrompre ce spectacle, mais rien n'arrivait.

Bien qu'il s'empêchait de regarder, il entendait les cris de Cyliana, mais aussi les gifles que lui assenait Oldward. C'était une véritable torture de l'entendre et de ne rien pouvoir faire pour lui venir en aide.

Soudain, un homme surgit en trombe dans la pièce, sans avoir pris le temps de frapper. Il s'arrêta ahurit par la scène qui se présentait à lui.

Il arrivait à point nommé, le Roi allait terminer de se déshabiller. Cyliana quand à elle, était encore en partie habillée, le Roi ne lui ayant arraché que le haut de sa robe. Enguerrand vit qu'elle avait le visage marqué par les nombreuses gifles qu'elle avait reçues.

Le Roi hors de lui, regardait avec haine le malheureux messager. Il se releva et s'approcha de lui. Cyliana en profita pour ramener les lambeaux de sa robe contre sa poitrine et se replia sur elle-même, le visage apeuré.

Pendant ce temps, le Roi prit la dague attachée à sa ceinture et s'avança lentement vers le messager qui le regardait effaré.

- Tu as intérêt à avoir une très bonne raison pour venir me déranger !
- Je... je... je dois vous prévenir qu'à Arilia il y a eu un soulèvement de l'armée...

Le Roi se figea sur place et regarda son messager, lui intimant de continuer.

- Depuis que vous avez congédié Arsk sans aucune raison, l'armée ne vous fait plus confiance, les soldats exigent des explications...

Le Roi, en ayant assez entendu, s'approcha du messager et le poignarda férocement. Le messager n'eut même pas le temps d'esquisser un geste qu'il s'affala sur le sol. Le Roi essuya ensuite sa dague sur les habits du mort puis retourna auprès de Cyliana. Il l'attrapa brutalement par les cheveux et l'embrassa de nouveau, puis, du tranchant de la dague, lui effleura la joue.

- Et bien, il s'avérerait que nous devions remettre ce petit entretien pour plus tard... Mais ne t'inquiète pas, je compte bien revenir, je déteste ne pas terminer ce que j'ai commencé...

Il se redressa et relâcha Cyliana qui s'en alla en courant, les larmes aux yeux. Le Roi quand à lui, se rhabilla tranquillement le sourire aux lèvres...

Cyliana qui venait soudain de sortir de ses pensées, regarda Enguerrand gênée. Consciente qu'elle s'était laissée emporter par les souvenirs et qu'elle lui en avait montré beaucoup plus que ce qu'elle souhaitait au départ. Le rouge aux joues, elle lui expliqua toute l'histoire.

- Il était venu nous voir car il souhaitait changer sa garde personnelle... Après cette « rencontre », j'ai appris que la fameuse « garde personnelle » servait en réalité plus à le divertir, qu'à réellement le protéger... Alors ne me dis plus jamais que ce Roi est bienveillant !
- Je suis désolé Cyliana. Je ne savais pas.
- Je sais, et je ne t'en veux pas. Mais si tu avais vu ce qu'elles étaient devenues après avoir été à son... service...
» Depuis toutes petites, nous nous sommes habituées à l'idée de ne jamais connaître personne. Car personne ne veut de nous ! Et voila que le Roi décide soudainement de nous prendre comme de vulgaires prostituées. Il fait de nous tout ce qu'il veut ! Et cela, sans que l'on puisse l'en empêcher...
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# Posté le mardi 24 octobre 2006 10:12
Modifié le jeudi 17 mai 2007 10:08

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